Jetés en pâture au racisme hitlérien

Par ... :: dimanche 11 novembre 2007 à 23:12 :: Général

L’évocation des tirailleurs sénégalais ou malgaches fait d’abord penser à la première guerre mondiale, et ces jeunes enrôlés dans les colonies pour venir pourrir sur les champs de batailles de l’est de la France. On oublie parfois que la seconde guerre mondiale allait voir les enfants de ces malheureux reprendre le chemin de la France et de nouveau verser leur sang pour défendre les frontières françaises. 
De la sorte, les Français allaient placer des Noirs en première ligne contre l’armée des nazis.

affiche de propagande nazie 1940 : la "Faute de la France", mettre des Noirs à la tête de son armée...


Le livre de Raffael Scheck, qui vient d’être traduit en français (Une saison noire. Les massacres de tirailleurs sénégalais - mai-juin 1940 - éd. Taillandier) nous éclaire sur un épisode historique tombé dans l’oubli ou le non-dit. Dès le début de l’occupation, les tirailleurs allaient être les premières victimes des  exactions nazis en France.

Que se passe-t-il un peu partout en France ? Lorsque les soldats noirs sont faits prisonniers avec leurs collègues blancs ? Les allemands les trient et les exécutent, sous les yeux des autres soldats.
A Lyon, le 20 juin 1940, les tirailleurs sénégalais, qui auraient dû bénéficier du statut de prisonniers de guerre, sont hachés à la mitrailleuse et au canon des chars. Les blindés écrasent de leurs chenilles les morts et les agonisants. Au cours de cette journée, tous les tirailleurs africains faits prisonniers dans la région lyonnaise sont systématiquement abattus.  188 d’entre eux sont enterrés dans le cimetière sénégalais de Chasselay, au nord de Lyon. C’est aussi le cas de 27 Tirailleurs que les Allemands découvrent dans une colonne de prisonniers, montée de Balmont dans le quartier de Vaise (Lyon-nord). Ils sont alignés contre un mur et fusillés immédiatement
A l’autre bout de la France occupée, vers Rouen, 321 soldats noirs sont exécutés parce qu'ils sont noirs.

Cimetière des Sénégalais de Chasselay, au nord de Lyon


Pour Raffael Scheck, près de 3000 tirailleurs meurent ainsi dès les premiers mois de la guerre. Pour l’historien qui s’est particulièrement intéressé à la question, l’armée allemande n’avait pas de consigne stricte à ce sujet. Juste l’expression d’un racisme bien ancré chez les soldats (pas chez tous bien sûr, des contre-exemples sont cités). Voici comment les combattants issus des colonies françaises ont finalement été jetés en pâture au racisme hitlérien.

La conquête de Madagascar

Par ... :: dimanche 04 novembre 2007 à 12:09 :: Madagascar

La guerre menée par la France pour conquérir Madagascar en 1895 a fait l’objet de nombreux ouvrages, glorifiant pour la plupart l’œuvre de l’armée française et des colons. La « bibliothèque malgache » réédite peu à peu sous forme de e-books gratuits certains de ces ouvrages souvent foncièrement racistes :

L’iconographie de la presse populaire française offre aussi un aperçu de l’état d’esprit qui prévalait en 1895.

 

L'Eglise, l'armée, le peuple et - en filigrane - la République

bénissent le départ des soldats français pour Madagascar

 

Du côté des responsables politiques, rappelons-nous de ces paroles à l’Assemblée Nationale de Jules Ferry, dont tant d’écoles ou de rues portent encore le nom en France : « Ce qui manque à notre grande industrie, ce qui lui manque de plus en plus, ce sont les débouchés (...) Il y a un second point que je dois aborder (...) c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question (...) Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu'il y a pour elles un droit parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures (...) »

Débarquement des Français à Majunga - 1895


Ce devoir allait donc passer par l’attaque de Madagascar, état souverain dirigé alors par la reine Ranavalo III. On découvre alors un autre son de cloche grâce à de rares documents moins officiels. Pour preuve cette correspondance d’un militaire du corps expéditionnaire de Madagascar : "Je viens d’arriver à Tananarive. Je n’ai fait que marcher et être sur le qui-vive ; les fonctionnaires civils ont si bien manoeuvré que toute la province est soulevée. Le convoi dont je faisais partie a été attaqué pendant 3 jours par 1400 rebelles...53 tués...nous avons du brûler leurs villages. Ici, même les colons trouvent bien triste la façon dont nous sommes gouvernés ; tout ce que l’on envoie en France sur Madagascar est mensonge. On n’ose plus circuler sur les routes… ». Histoire officielle contre histoire des hommes.

Armen, 7 ans

Par ... :: jeudi 01 novembre 2007 à 11:48 :: politique

Sans commentaire superflu, ce court texte d’Aline Louangvannassy, professeure de philosophie à Toulouse.

« Un journaliste de France Inter voulait m’interviewer à propos de l’article publié dans Libération du 22 octobre «Môquet n’est pas mort, je l’ai rencontré» : «Il s’appelle Armen. Il a 7 ans. Le 25 septembre, le cartable sur le dos, il traversait la cour de son école de Montauban, il était encadré par deux policiers en uniforme et en armes… Armen a été placé en centre de rétention
Quand j’ai donc appelé, le 24 octobre, pour avoir des nouvelles, un monsieur, très gentil, m’a poliment fait comprendre que ce n’était plus d’actualité. Le 25 octobre à 4 heures du matin, Armen Vera, 7 ans, arrêté dans son école par la police française, a été expulsé vers l’Albanie – ses parents viennent pourtant du Monténégro et sont d’origine serbe. La police française a dû payer la police albanaise des frontières pour qu’ils laissent entrer le père d’Armen, qui est maintenant sans papiers en Albanie ! Devant la catastrophe, il n’y a plus de mots pour la décrire. Günther Anders a raison de dire que nous sommes «les premiers des derniers hommes». Nous avons perdu l’essentiel, le sens de l’humanité. Le droit a même intégré la possibilité de l’inhumain : la solidarité peut être désormais un délit sanctionné par la loi. Armen parti, il ne nous reste plus que le poids écrasant de notre responsabilité. Nous étions responsables de lui, et nous n’avons rien fait. »


Manifestation des copains et parents de copains d'Armen

Une pente dangereuse

Par ... :: mercredi 24 octobre 2007 à 18:12 :: politique

On ne peut l’ignorer : le président de la république a fixé un objectif en matière d’expulsion de sans-papiers : 25.000 en 2007. Pourquoi 25.000 ? Personne ne le sait. On croit savoir que l’on est loin de l’objectif, au point que des préfets qui n’avaient pas d'assez "bons" chiffres ont subi une convocation humiliante au ministère de Brice Hortefeux.

Quoi qu’il en soit, la vie devient épouvantable pour ceux qui vivent en France – parfois depuis leur enfance – et n’ont pas les précieux papiers. Le harcèlement gagne des niveaux jamais atteints dans le passé. Des rafles sont organisées dans des quartiers où la police soupçonne une forte présence de sans-papiers. La chasse au faciès bat son plein. A titre d’exemple, reportez-vous à ce court reportage vidéo à Belleville. Edifiant.

Les policiers se présentent au domicile des sans-papiers, avec les dramatiques conséquences que l’on connaît. Des convocations en préfecture, pour «réexamen » de leur situation sont en fait des pièges pour arrêter des sans-papiers et les mener en centres de rétention. Parlons donc de ces centres, qui voient passer ces familles choquées par leur arrestation. Jour après jour, les nouvelles marquent une nouvelle descente dans le domaine de l'ignoble. Un nourrisson de trois semaines, arrêté avec ses parents moldaves sans papiers, est détenu au centre de rétention de Rennes. Une femme enceinte est enfermée au centre de rétention de Toulouse avec son bébé de 15 mois ; elle fait une fausse couche et perd ses jumeaux.

Depuis le début de cette politique de quotas d'expulsion, des policiers et gendarmes ont réagi. Ils n'ont pas tous choisi ce métier pour traquer et embarquer des enfants au petit matin. Peut-être faut-il en voir une démonstration en filigrane d'une note récente de Guy Parayre, directeur de la gendarmerie. Il propose ni plus ni moins de créer dans chaque département une cellule spécialisée de lutte contre les étrangers sans-papiers, avec des effectifs « ayant une motivation dans ce domaine ».  Des cellules constituées de gendarmes motivés par l’arrestation de familles étrangères au petit matin ? Motivés pour conduire des enfants et leurs parents derrière les barreaux des centres de rétention ? L’évolution de ce dossier me fait inévitablement penser  au sermon prononcé par le pasteur Martin Niemöller après sa sortie de camp de conventration.

"Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait personne pour protester.»

Quand ces gendarmes motivés n’auront pas d’étrangers à arrêter, quand ils n'auront pas à arrêter des citoyens ayant défendu ces mêmes étrangers (comme Florimond Guimard), à qui vont-ils s'en prendre ? Où s’arrêtera leur « motivation » ? Il est urgent de résister.

Bonne nouvelle : Attali oeuvre pour la décroissance !

Par ... :: jeudi 18 octobre 2007 à 22:20 :: politique

Les premières bribes du rapport de la commission Attali sur la croissance apparaissent déjà comme un plaidoyer pour la décroissance.

Quelles idées lumineuses nous proposent Attali et ses collègues ?

Un exemple : faciliter encore l’implantation de grandes surfaces aux abords des villes. Il s’agit hélas du mode de commerce le plus débile du point de vue environnemental. Cela consiste en effet à forcer chaque habitant à déplacer son véhicule – plus d'une tonne d’acier à mouvoir – vers un lieu distant pour le remplir de quelques kilogrammes de marchandises et revenir chez lui. Les marchandises en question  - produits d’une industrie agroalimentaire délirante - ayant fait des milliers de kilomètres en camion ou en avion avant d’arriver en grande surface. Bref, le pire du pire, alors qu’il faudrait favoriser les circuits courts, les commerces proches des habitations, voire la livraison à domicile.

La commission se devant de sauver les apparences écologiques, elle suggère aussi de créer dix villes de 50.000 habitants qui seraient des « éco-villes ». Comme l’ont fait remarquer pernicieusement les Verts, ne pourrait-on pas déjà rendre écologiques les villes existantes ? L’idée fait un peu « réserve d’indiens » - le rapport parle même de « laboratoires écologiques ». On ne sait pas d’ailleurs si les 500.000 cobayes parqués dans ces dix villes travailleront sur place ni ce qu’ils y feront ?

Enfin, la commission conclue que le principe de précaution est un frein majeur pour la croissance. Expérimentons sans limite, faisons avancer les technologies même si les conséquences pour l’homme ou son environnement restent inconnues. Continuons à gaver les habitants de toxiques en tout genre… Les firmes chimiques disent merci, les mangeurs de poissons du Rhône ou de bananes des Antilles peuvent mourir, la croissance est sauvée.

 

 

Pour les membres de la commission Attali, la croissance est un chiffre, le Produit Intérieur Brut, qui doit monter. Que cela détruise la planète ou rende malades les hommes qui la peuplent, peu leur chaut. Au contraire, augmenter le nombre de malades et la gravité de leurs maladies pourrait même doper cette croissance !

Adressons nos sincères remerciements à ces « grands experts », qui nous démontrent - malgré eux -combien la recherche de la croissance conduit à l’absurde, et par là-même nous confirment dans l’idée que tout ce qui nuit à l’homme et à sa planète doit décroître au plus vite.

Amendement ADN, que caches-tu ?

Par ... :: lundi 15 octobre 2007 à 16:36 :: politique

L’amendement relatif aux tests ADN à l’attention des demandeurs de regroupement familial fait beaucoup parler de lui et choque de nombreux citoyens. Sans doute parce qu’il touche à l’essentiel : les enfants, la famille, la filiation, la bioéthique… On ne peut que se féliciter de cette réaction massive, mais certains en restent à ces seuls arguments, ne se prononçant pas sur les autres dispositions de la proposition de Loi (Cf. mon billet du 18 septembre). Cela en dit long sur l’acceptation générale d’idées qui étaient jusqu’à peu réservées à l’extrême-droite. La lepénisation des esprits a rempli toutes ses promesses. L’immigré est considéré comme un fraudeur en puissance. Les étrangers coûtent chers à la société. Les mariages mixtes sont des façons de contourner la loi.  Ces assertions "dégueulasses" peuvent désormais s’exprimer dans l’arène politique, de manière… décomplexée. Le fait que le gouvernement n’ait rien fait pour contrer l’initiative d’un député connu pour son extrémisme est particulièrement inquiètant. Faut-il y voir un signal clair envoyé à la droite extrême. Et comment comprendre autrement les mots de Brice Hortefeux : « aucun sujet ne doit être tabou » ?

 

 

Ce glissement idéologique va de pair avec l’intégration progressive dans le parti majoritaire de pans entiers de l’extrême droite. Le MPF de Philippe de Villiers avait commencé par intégrer de très nombreux responsables du front national ou du MNR : Bompard, Simonpieri, Freulet, Barillier…  plus près de chez nous Mme Bignon, maire de Chauffailles, adhérente du FN depuis 1987 et qui a quitté Le Pen en 2006 trouvant qu’il ne dénonçait pas avec assez de vigueur « l’islamisation » de la France. Et au début de ce mois d’octobre, on nous annonce que ce même MPF vient de rejoindre l’UMP, accord électoral à la clef.

L’ancienne « barrière sanitaire » qui séparait la droite de l’extrême droite, est donc un vieux souvenir et tandis que quelques élus UMP s’opposent courageusement aux amendements Mariani, d’autres peuvent se laisser aller à leurs provocations racistes.

Pour preuve ces échanges au sein du conseil municipal de Marignane :

René Ainardi, conseiller municipal (à l'adresse du président algérien) : "Reprenez chez vous les millions d'Algériens qui vivent sur notre sol, qui ont pratiquement tous la double nationalité. Cela viderait les prisons, nous gagnerons en sécurité et tous les organismes sociaux seraient enfin bénéficiaires. (…) Des Blacks, des Beurs font régner la terreur dans les trains, l'horreur dans les villes, les villages ». Son intervention a été saluée par des applaudissements, et le maire, Daniel Simionpieri, a félicité Ainardi pour son courage.
En tant que citoyens français, attachés à la démocratie et à la République, nous aimerions que l'on nous dise si ces gens là ont désormais pleinement leur place au sein du premier parti de France ?

Ingres, Symphorien, Autun

Par ... :: vendredi 12 octobre 2007 à 21:26 :: Autun et le Morvan

Le tableau d’Ingres dans la cathédrale d’Autun passe souvent inaperçu, sur un mur peu éclairé de l’édifice.
La scène représente le martyre de Symphorien. Nous sommes en 179 ; cela ne nous rajeunit pas. Entre cultes romains et foi chrétienne, les Autunois ne se sont pas encore fait une religion. Dans la toute récente Augustodunum, se côtoient des gens d’origine et de culture très variées. L’auréole étant à l’époque un attribut héréditaire, Saint-Symphorien est le fils de Saint-Fauste et de Sainte-Angusta. Cette famille fait partie de la toute petite minorité chrétienne de la ville. Alors que l’on fête dans les rues la déesse Cybèle, Symphorien – emporté par la fougue de ses vingt ans – se fait remarquer bruyamment. Et il se trouve que les adeptes du culte de Cybèle, promettant eux aussi le salut après la mort, n’apprécient qu’assez peu la concurrence. N'ont-ils pas très récemment torturé à Lyon et à mort la jeune Blandine et le vieux Pothin ? Toujours est-il que pour les vauriens ennemis de Symphorien, la foi du saint ne vaut rien ! Conduit au supplice, sa mère, du haut des remparts, lui aurait crié, entre autres : « aujourd’hui, ta vie n’est pas détruite, elle est changée en une vie meilleure » ; avant que l’implacable glaive ne fasse taire définitivement le jeune rebelle.

 

         

Voici brossé le tableau. Celui d’Ingres, accroché dans la cathédrale d’Autun, mesure très exactement 4,07 m sur 3,39 m ; soit plus que les superbes panneaux publicitaires qui embellissent nos entrées de ville… Sa taille l'empêcha d’ailleurs d'être retenu dans le cadre de la grande exposition que le Louvres a consacré à Ingres en 2006. C’est pourtant une des œuvres majeures de Jean Auguste Dominique Ingres, connu aussi pour son fameux violon. Le peintre consacra plus de dix ans à ce projet, multipliant les croquis, venant à Autun étudier l’architecture locale… Aussi, lorsque son tableau, exposé en 1834, fut étrillé par la critique, il quitta la France avec fracas pour l’Italie et un exil de six années. Le Symphorien d’Ingres est alors peu à peu tombé dans un certain oubli, comme le mot de Théophile Gauthier à son propos : "c'est la plus belle fresque qu'il soit possible de voir".

Ô Folin

Par ... :: vendredi 05 octobre 2007 à 22:19 :: Autun et le Morvan

Pour les plus jeunes, le Haut-Folin, point culminant du Morvan (901 mètres), n’est qu’un massif résineux traversé de quelques pistes de ski de fond. Très beau, mais seulement pour les amateurs de nature sauvage et secrète. Les plus anciens se souviennent pourtant de la station de ski du Morvan !  Les petits Autunois, qui n’avaient pas les moyens de partir en vacances d’hiver dans les Alpes,  louaient chaussures et skis à La Hutte, rue aux Cordiers, avant de partir se défouler au Folin : luge, ski, batailles de boules de neige… La remontée mécanique avait souffert et le terrain manquait quelque peu d’entretien. Si bien qu’une mauvaise langue prétend sur le net que pour skier , il fallait « plus d'un mètre de neige et monter un taille haie à l'avant des spatules ».  

 

 

Tous n’ont pas vécu cette expérience sportive, mais tous se rappellent du chalet, petit lieu qui réchauffait les corps et les âmes l’hiver, qui offrait des crêpes aux myrtilles...

 

 

Il y a 10 ou 15 ans, le chalet a pris feu. Ceux qui connaissent les lieux – un peu « isolés », dirons-nous – imaginent sans peine la suite. Lorsque les pompiers sont arrivés, il ne devait plus rester grand-chose... Le chalet  a été rasé, le remonte-pente démonté, la forêt a totalement repris ses droits. Et si une odeur de chocolat chaud ou de crêpe plane encore sur les pentes brouillardeuses du Folin, il ne s’agit plus que des fantômes de nos escapades enfantines.  

 

 

Tour du Monde et de son climat

Par ... :: lundi 01 octobre 2007 à 17:24 :: Autun et le Morvan

Benoît Kubiak, un Autunois, prépare un périple qui le verra traverser une bonne partie de l’Europe et de l’Asie. Son projet consiste à multiplier les rencontres autour d’un thème : le réchauffement climatique. Tout le monde en a plus ou moins entendu parler, mais beaucoup semblent vouloir ignorer que poignent à l’horizon des remises en question radicales de notre façon de vivre. Benoît va aller enquêter dans les pays qu’il traversera : les gens ont-ils pris conscience du phénomène ? Les responsables s’y préparent-ils ? Quelles sont les actions envisagées pour y faire face ?

 

 

Il part seul, mais ils seront finalement beaucoup à voyager avec lui. Trente blogs, dont celui que vous lisez actuellement, le soutiennent déjà. De nombreuses associations et des citoyens lui apportent une aide technique ou financière. Enfin, il restera en contact – tout au long de son voyage – avec la Toile et plus particulièrement avec des élèves d’écoles, collèges et lycées qui suivront ainsi pas à pas leur « reporter climatique ». Allez faire un tour sur le site Avenir Climat, un lieu d’échange pour tous ceux que le réchauffement climatique préoccupe. Départ d'Autun prévu en janvier. A suivre !

Un Africain à Paris...

Par ... :: vendredi 21 septembre 2007 à 16:46 :: Général

Petit exercice. Imaginons qu’un Africain ou un Malgache (par exemple) veuille venir passer un mois de vacances en France, chez un ami français. J’ai tenté de dresser la liste des formalités qui l’attendent. Excusez-moi si j’ai oublié quelques étapes. Question subsidiaire : combien d’heures de travail de fonctionnaires, de tonnes de papier, de m² d’archives ? de suspicion à tous les étages ?

1 – Obtenir un acte de naissance auprès de la mairie de son lieu de naissance. Si ce dernier est éloigné, cela peut prendre quelques jours de voyage à travers le pays, mais ne traînons pas car les formalités suivantes exigent toutes un acte de naissance récent

2 – faire établir par les autorités du pays d’origine une carte d’identité à partir de l’acte de naissance

3 - faire établir un passeport  à partir de l’acte de naissance, de la carte d’identité, de divers justificatifs : délai et coût variable...

4 – réserver un billet d’avion auprès d’une compagnie qui accepte d’annuler la réservation en cas de refus de visa ; souvent la compagnie exige le paiement alors que la réponse pour le visa n’est pas parvenue

5 – demander à l’ami en France une attestation d’accueil auprès de sa mairie ; ce dernier devra pour cela fournir une pièce d’identité, l’acte de propriété ou le bail de son habitation, des factures d’eau ou de téléphone, ses trois dernières fiches de paie, un timbre fiscal de 30 euros. De plus, un agent de la mairie pourra venir visiter son domicile et il doit venir se présenter physiquement en mairie,

6 – demander à l’ami français d’envoyer le plus vite possible l’attestation d’accueil remplie et signée par le maire, ainsi qu’une lettre d’invitation et une attestation de prise en charge : selon la qualité du courrier, le recours éventuel à un transporteur pourra être nécessaire (50 euros)

7 – souscrire un contrat d’assurance couvrant les frais médicaux et de rapatriement (60 à 100 euros environ)

8 – placer sur un compte au moins 700 euros par mois de présence en France et demander à sa banque un justificatif (je passe sur les pièces demandées pour l’ouverture du compte)

9 – retirer un formulaire de demande de visa touristique au consulat de France ; file interminable, personnel parfois agressif et hautain

10 – remplir le formulaire qui comprend 42 questions, portant entre autres sur les parents du demandeur, les autres demandes de visas les trois dernières années, les séjours antérieurs, le but du voyage, son financement…

11 - demander un rendez-vous au consulat pour apporter le dossier rempli et les nombreuses pièces jointes ; interrogatoire en français par l’agent consulaire et demande éventuelle de pièces complémentaires ; paiement des frais de dossier pour l’examen de la demande (60 euros, perdus même si le visa est refusé)

12 - retrait du visa au cas où il est accordé, en présentant les originaux des pièces du dossier ; le refus de visa est souvent annoncé devant les autres demandeurs, sans justification

13 - confirmer le vol auprès de la compagnie, s’il est encore temps, et payer le billet

14 - aller à l’aéroport en gardant toujours sur soi : le billet d’avion bien sûr, le passeport, les chèques de voyage (vérifiés à l’arrivée), l’attestation d’accueil, le carnet de vaccination…

15 – dans certains cas, contrôle des papiers par la gendarmerie française au pied de l’avion (accords entre pays)

16 – contrôle spécifique pour les étrangers à la sortie de la passerelle de l’avion, vérification des papiers, interrogatoire en français

17 – passage et contrôle au guichet de la police de l’air et des frontières

18 – passage de la douane, fouille

 

 

Le très utile livre "Bienvenue en France" évoque de nombreux étrangers parfaitement en règle qui finissent en centre de rétention car tel ou tel fonctionnaire français a eu un doute. Ses droits sont souvent rétablis après des heures et des jours de rétention et de démarches, mais ses bagages ont en général disparu.

 

Cette liste ne présente que les formalités pour passer quelques jours en France. Pour un étranger qui voudrait rester plus de trois mois en France, c’est une histoire bien plus longue… Vous pouvez vous reporter à l’histoire de Sara et Alain. Sara a mis 22 mois pour obtenir un titre de séjour, après visites médicales, x convocations, paiement de centaines d’euros de frais, taxes, timbres fiscaux… C'était avant les réformes qui ont alourdi les procédures.

 

 

Une dernière remarque : le français qui va à Madagascar peut retirer son visa à l'arrivée, dans l'aéroport. Il lui en coût une vingtaine d'euros.

 

 

 

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