FACIT INDIGNATIO VERSUM
Ma libre expression, sans ordre, sans logique, comme elle vient...
Autun fait donc partie des quelque 200 villes qui vont voir leur tribunal d’instance fermer. On ne sait pas vraiment sur quelles bases les choix se sont faits,
Quoi qu’il en soit, le citoyen d’Anost devra rouler trois heures aller-retour pour une simple démarche au tribunal d’instance. Entre Nevers et Chalon-sur-Saône, vous traverserez sur
Cette réforme laisse un goût amer, car en réalité, ce sont bien les petites villes qui sont délibérément visées. Des petites ville qui sont victimes depuis des années du déménagement systématique des services de l’Etat, programmé par des technocrates penchés sur les chiffres et coupés des réalités de la province.
En quoi le modèle des petites villes gêne à ce point l’Etat ? Elles qui offraient pourtant des conditions idéales de développement humain et économique au meilleur coût : du foncier bon marché, une offre de santé et de services complète, des crèches sans ou à peu près sans liste d’attente, du logement social inoccupé, un échane économique avec tout un arrière-pays rural, etc.
Mais la vision de l’Etat se borne hélas à quelques grandes métropoles perdues dans un immense désert rural, dont on ne sait ce qu’il deviendra. Sans doute une alternance de céréales OGM et de forêts industrialisées à perte de vue, traversées par des autoroutes et des lignes TGV.

Dimanche dernier dans l’émission Capital de M6, Brice Hortefeux, le ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de plein d’autres choses, est questionné par l’animateur Guy Lagache qui lui fait remarquer que, malgré les 25.000 expulsions programmées chaque année, il y aura toujours des centaines de milliers de sans-papiers en France.
Brice Hortefeux finit par lui répondre : « Si vous rêvez d'une société idéale dans laquelle il n'y aurait que des citoyens honnêtes, propres... »
Monsieur Hortefeux, bien qu’en possession d’une carte nationale d’identité française – par le jeu du hasard ou la grâce du destin - savez-vous que nous sommes tous des citoyens malhonnêtes et sales ? Qu’attendez-vous donc pour nous expulser de France ?

Il semblerait que la Belgique ne soit pas non plus une société "idéale"...
Le hasard veut que je dispose depuis quelques jours du quotidien économique « Les Echos ». L’occasion d’une plongée dans le monde des affaires. Au hasard des articles, on apprend finalement beaucoup de choses…

- Etonnant, ce titre : Baisse de la part des prestations sociales dans le PIB. Tiens, tiens… le total «retraites + assurance maladie + chômage + minima sociaux » augmenterait moins vite que le PIB en France… C'est bon à savoir, on nous dit si souvent le contraire !
- Voyages d’affaires : le marché français en pleine croissance. Si les pauvres de la planète sont assignés à résidence, les hommes d’affaires passent eux de plus en plus de temps dans les avions et les aéroports... "La mondialisation dope le marché" explique un expert.
- Les distributeurs de carburant s’engagent à ne pas profiter outrageusement de la flambée du baril. A partir de quel profit commence l’outrage ?
- Le Directeur de l’école d’économie de Paris se veut rassurant : «Le revenu par tête en Afrique a augmenté de 2 à 3% par an depuis 2000» avant de préciser : «Mais à ce rythme là, il faudrait environ un siècle pour que l’écart relatif de revenus entre les pays riches et l’Afrique subsaharienne revienne à son niveau du début des années 70».
- Saupiquet a perdu 5% de parts de marché entre 2000 et 2007. Que se passe-t-il chez Saupiquet ?
- Veolia et Suez, qui se partagent la distribution de l’eau aux Parisiens, feraient une marge bénéficiaire de 38% sur le dos des usagers . Faux ! pour le journaliste des Echos, qui s’appuie sur les rapports d’activités 2006 qui montrent une marge de 3,2% pour Suez et 4,6% pour Veolia. Mais au fait, qui rédige ces rapports d’activités ?
- Gros titre le 14 novembre : Le monde n’est pas près de manquer de pétrole. D’imbéciles non plus…
- Le nouveau patron de Siemens dévoile l’ampleur des caisses noires dans le groupe. En voilà un qui ne veut pas de traces noires sur les mains...
- Vous vous chauffez à l’électricité ? Un petit détail qui vous amusera sûrement : « En cas de vague de froid intense et durable (cet hiver), il faudra mettre en œuvre des mesures exceptionnelles pour éviter une rupture pure et simple de l’approvisionnement électrique en France»
- Pendant le Grenelle, les grands chantiers se portent bien. Eiffage voit ses revenus progresser de 16% sur neuf mois. Bougues a publié un chiffres d’affaires en progression de 11%. Globalement, la croissance des travaux publics est estimée à + 7,5% en 2007. Champagne !
- Enfin une bonne nouvelle : 79% des français trouvent la publicité envahissante. Entre 2004 et 2007, ceux qui se définissent publiphobes sont passés de 25% à 30%
- Les riches semblent utiliser à bon escient les récents cadeaux fiscaux. Les profits annuels du groupe Bénéteau (bateaux de plaisance) en hausse de 31%. Plus loin, ce titre : les bénéfices de Porsche explosent
- Un titre plein de promesses : Il y a un peu de Thatcher en Sarkozy
- Sondage : Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy il y a six mois, avez-vous le sentiment que votre situation personnelle s’est plutôt : améliorée : 3% - détériorée : 31%
- AXA compte délocaliser 5.000 emplois d’ici 2010. 3.500 à Bangalore en Inde. 1.500 au Maroc.
- Entre 2002 et 2005, le pouvoir d’achat des 10% des Français les plus pauvres a diminué de 0,3%. Dans le même temps, le pouvoir d’achat des 10% les plus riches aurait augmenté de 3,8%. C'est ce qu'on appelle réduire les inégalités.
Nous vivons une époque formidable..
L’évocation des tirailleurs sénégalais ou malgaches fait d’abord penser à la première guerre mondiale, et ces jeunes enrôlés dans les colonies pour venir pourrir sur les champs de batailles de l’est de la France. On oublie parfois que la seconde guerre mondiale allait voir les enfants de ces malheureux reprendre le chemin de la France et de nouveau verser leur sang pour défendre les frontières françaises.
De la sorte, les Français allaient placer des Noirs en première ligne contre l’armée des nazis.

affiche de propagande nazie 1940 : la "Faute de la France", mettre des Noirs à la tête de son armée...
Que se passe-t-il un peu partout en France ? Lorsque les soldats noirs sont faits prisonniers avec leurs collègues blancs ? Les allemands les trient et les exécutent, sous les yeux des autres soldats.
A Lyon, le 20 juin 1940, les tirailleurs sénégalais, qui auraient dû bénéficier du statut de prisonniers de guerre, sont hachés à la mitrailleuse et au canon des chars. Les blindés écrasent de leurs chenilles les morts et les agonisants. Au cours de cette journée, tous les tirailleurs africains faits prisonniers dans la région lyonnaise sont systématiquement abattus. 188 d’entre eux sont enterrés dans le cimetière sénégalais de Chasselay, au nord de Lyon. C’est aussi le cas de 27 Tirailleurs que les Allemands découvrent dans une colonne de prisonniers, montée de Balmont dans le quartier de Vaise (Lyon-nord). Ils sont alignés contre un mur et fusillés immédiatement
A l’autre bout de la France occupée, vers Rouen, 321 soldats noirs sont exécutés parce qu'ils sont noirs.

Cimetière des Sénégalais de Chasselay, au nord de Lyon
Pour Raffael Scheck, près de 3000 tirailleurs meurent ainsi dès les premiers mois de la guerre. Pour l’historien qui s’est particulièrement intéressé à la question, l’armée allemande n’avait pas de consigne stricte à ce sujet. Juste l’expression d’un racisme bien ancré chez les soldats (pas chez tous bien sûr, des contre-exemples sont cités). Voici comment les combattants issus des colonies françaises ont finalement été jetés en pâture au racisme hitlérien.
La guerre menée par la France pour conquérir Madagascar en 1895 a fait l’objet de nombreux ouvrages, glorifiant pour la plupart l’œuvre de l’armée française et des colons. La « bibliothèque malgache » réédite peu à peu sous forme de e-books gratuits certains de ces ouvrages souvent foncièrement racistes :
L’iconographie de la presse populaire française offre aussi un aperçu de l’état d’esprit qui prévalait en 1895.

Du côté des responsables politiques, rappelons-nous de ces paroles à l’Assemblée Nationale de Jules Ferry, dont tant d’écoles ou de rues portent encore le nom en France : « Ce qui manque à notre grande industrie, ce qui lui manque de plus en plus, ce sont les débouchés (...) Il y a un second point que je dois aborder (...) c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question (...) Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu'il y a pour elles un droit parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures (...) »

Débarquement des Français à Majunga - 1895
Ce devoir allait donc passer par l’attaque de Madagascar, état souverain dirigé alors par la reine Ranavalo III. On découvre alors un autre son de cloche grâce à de rares documents moins officiels. Pour preuve cette correspondance d’un militaire du corps expéditionnaire de Madagascar : "Je viens d’arriver à Tananarive. Je n’ai fait que marcher et être sur le qui-vive ; les fonctionnaires civils ont si bien manoeuvré que toute la province est soulevée. Le convoi dont je faisais partie a été attaqué pendant 3 jours par 1400 rebelles...53 tués...nous avons du brûler leurs villages. Ici, même les colons trouvent bien triste la façon dont nous sommes gouvernés ; tout ce que l’on envoie en France sur Madagascar est mensonge. On n’ose plus circuler sur les routes… ». Histoire officielle contre histoire des hommes.
Sans commentaire superflu, ce court texte d’Aline Louangvannassy, professeure de philosophie à Toulouse.
« Un journaliste de France Inter voulait m’interviewer à propos de l’article publié dans Libération du 22 octobre «Môquet n’est pas mort, je l’ai rencontré» : «Il s’appelle Armen. Il a 7 ans. Le 25 septembre, le cartable sur le dos, il traversait la cour de son école de Montauban, il était encadré par deux policiers en uniforme et en armes… Armen a été placé en centre de rétention.»
Quand j’ai donc appelé, le 24 octobre, pour avoir des nouvelles, un monsieur, très gentil, m’a poliment fait comprendre que ce n’était plus d’actualité. Le 25 octobre à 4 heures du matin, Armen Vera, 7 ans, arrêté dans son école par la police française, a été expulsé vers l’Albanie – ses parents viennent pourtant du Monténégro et sont d’origine serbe. La police française a dû payer la police albanaise des frontières pour qu’ils laissent entrer le père d’Armen, qui est maintenant sans papiers en Albanie ! Devant la catastrophe, il n’y a plus de mots pour la décrire. Günther Anders a raison de dire que nous sommes «les premiers des derniers hommes». Nous avons perdu l’essentiel, le sens de l’humanité. Le droit a même intégré la possibilité de l’inhumain : la solidarité peut être désormais un délit sanctionné par la loi. Armen parti, il ne nous reste plus que le poids écrasant de notre responsabilité. Nous étions responsables de lui, et nous n’avons rien fait. »

Manifestation des copains et parents de copains d'Armen
On ne peut l’ignorer : le président de la république a fixé un objectif en matière d’expulsion de sans-papiers : 25.000 en 2007. Pourquoi 25.000 ? Personne ne le sait. On croit savoir que l’on est loin de l’objectif, au point que des préfets qui n’avaient pas d'assez "bons" chiffres ont subi une convocation humiliante au ministère de Brice Hortefeux.
Quoi qu’il en soit, la vie devient épouvantable pour ceux qui vivent en France – parfois depuis leur enfance – et n’ont pas les précieux papiers. Le harcèlement gagne des niveaux jamais atteints dans le passé. Des rafles sont organisées dans des quartiers où la police soupçonne une forte présence de sans-papiers. La chasse au faciès bat son plein. A titre d’exemple, reportez-vous à ce court reportage vidéo à Belleville. Edifiant.
Les policiers se présentent au domicile des sans-papiers, avec les dramatiques conséquences que l’on connaît. Des convocations en préfecture, pour «réexamen » de leur situation sont en fait des pièges pour arrêter des sans-papiers et les mener en centres de rétention. Parlons donc de ces centres, qui voient passer ces familles choquées par leur arrestation. Jour après jour, les nouvelles marquent une nouvelle descente dans le domaine de l'ignoble. Un nourrisson de trois semaines, arrêté avec ses parents moldaves sans papiers, est détenu au centre de rétention de Rennes. Une femme enceinte est enfermée au centre de rétention de Toulouse avec son bébé de 15 mois ; elle fait une fausse couche et perd ses jumeaux.

Depuis le début de cette politique de quotas d'expulsion, des policiers et gendarmes ont réagi. Ils n'ont pas tous choisi ce métier pour traquer et embarquer des enfants au petit matin. Peut-être faut-il en voir une démonstration en filigrane d'une note récente de Guy Parayre, directeur de la gendarmerie. Il propose ni plus ni moins de créer dans chaque département une cellule spécialisée de lutte contre les étrangers sans-papiers, avec des effectifs « ayant une motivation dans ce domaine ». Des cellules constituées de gendarmes motivés par l’arrestation de familles étrangères au petit matin ? Motivés pour conduire des enfants et leurs parents derrière les barreaux des centres de rétention ? L’évolution de ce dossier me fait inévitablement penser au sermon prononcé par le pasteur Martin Niemöller après sa sortie de camp de conventration.
"Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait personne pour protester.»
Quand ces gendarmes motivés n’auront pas d’étrangers à arrêter, quand ils n'auront pas à arrêter des citoyens ayant défendu ces mêmes étrangers (comme Florimond Guimard), à qui vont-ils s'en prendre ? Où s’arrêtera leur « motivation » ? Il est urgent de résister.
Les premières bribes du rapport de la commission Attali sur la croissance apparaissent déjà comme un plaidoyer pour la décroissance.
Quelles idées lumineuses nous proposent Attali et ses collègues ?
Un exemple : faciliter encore l’implantation de grandes surfaces aux abords des villes. Il s’agit hélas du mode de commerce le plus débile du point de vue environnemental. Cela consiste en effet à forcer chaque habitant à déplacer son véhicule – plus d'une tonne d’acier à mouvoir – vers un lieu distant pour le remplir de quelques kilogrammes de marchandises et revenir chez lui. Les marchandises en question - produits d’une industrie agroalimentaire délirante - ayant fait des milliers de kilomètres en camion ou en avion avant d’arriver en grande surface. Bref, le pire du pire, alors qu’il faudrait favoriser les circuits courts, les commerces proches des habitations, voire la livraison à domicile.
La commission se devant de sauver les apparences écologiques, elle suggère aussi de créer dix villes de 50.000 habitants qui seraient des « éco-villes ». Comme l’ont fait remarquer pernicieusement les Verts, ne pourrait-on pas déjà rendre écologiques les villes existantes ? L’idée fait un peu « réserve d’indiens » - le rapport parle même de « laboratoires écologiques ». On ne sait pas d’ailleurs si les 500.000 cobayes parqués dans ces dix villes travailleront sur place ni ce qu’ils y feront ?
Enfin, la commission conclue que le principe de précaution est un frein majeur pour la croissance. Expérimentons sans limite, faisons avancer les technologies même si les conséquences pour l’homme ou son environnement restent inconnues. Continuons à gaver les habitants de toxiques en tout genre… Les firmes chimiques disent merci, les mangeurs de poissons du Rhône ou de bananes des Antilles peuvent mourir, la croissance est sauvée.

Pour les membres de la commission Attali, la croissance est un chiffre, le Produit Intérieur Brut, qui doit monter. Que cela détruise la planète ou rende malades les hommes qui la peuplent, peu leur chaut. Au contraire, augmenter le nombre de malades et la gravité de leurs maladies pourrait même doper cette croissance !
Adressons nos sincères remerciements à ces « grands experts », qui nous démontrent - malgré eux -combien la recherche de la croissance conduit à l’absurde, et par là-même nous confirment dans l’idée que tout ce qui nuit à l’homme et à sa planète doit décroître au plus vite.
L’amendement relatif aux tests ADN à l’attention des demandeurs de regroupement familial fait beaucoup parler de lui et choque de nombreux citoyens. Sans doute parce qu’il touche à l’essentiel : les enfants, la famille, la filiation, la bioéthique… On ne peut que se féliciter de cette réaction massive, mais certains en restent à ces seuls arguments, ne se prononçant pas sur les autres dispositions de la proposition de Loi (Cf. mon billet du 18 septembre). Cela en dit long sur l’acceptation générale d’idées qui étaient jusqu’à peu réservées à l’extrême-droite. La lepénisation des esprits a rempli toutes ses promesses. L’immigré est considéré comme un fraudeur en puissance. Les étrangers coûtent chers à la société. Les mariages mixtes sont des façons de contourner la loi. Ces assertions "dégueulasses" peuvent désormais s’exprimer dans l’arène politique, de manière… décomplexée. Le fait que le gouvernement n’ait rien fait pour contrer l’initiative d’un député connu pour son extrémisme est particulièrement inquiètant. Faut-il y voir un signal clair envoyé à la droite extrême. Et comment comprendre autrement les mots de Brice Hortefeux : « aucun sujet ne doit être tabou » ?

Ce glissement idéologique va de pair avec l’intégration progressive dans le parti majoritaire de pans entiers de l’extrême droite. Le MPF de Philippe de Villiers avait commencé par intégrer de très nombreux responsables du front national ou du MNR : Bompard, Simonpieri, Freulet, Barillier… plus près de chez nous Mme Bignon, maire de Chauffailles, adhérente du FN depuis 1987 et qui a quitté Le Pen en 2006 trouvant qu’il ne dénonçait pas avec assez de vigueur « l’islamisation » de
L’ancienne « barrière sanitaire » qui séparait la droite de l’extrême droite, est donc un vieux souvenir et tandis que quelques élus UMP s’opposent courageusement aux amendements Mariani, d’autres peuvent se laisser aller à leurs provocations racistes.
Pour preuve ces échanges au sein du conseil municipal de Marignane :
René Ainardi, conseiller municipal (à l'adresse du président algérien) : "Reprenez chez vous les millions d'Algériens qui vivent sur notre sol, qui ont pratiquement tous la double nationalité. Cela viderait les prisons, nous gagnerons en sécurité et tous les organismes sociaux seraient enfin bénéficiaires. (…) Des Blacks, des Beurs font régner la terreur dans les trains, l'horreur dans les villes, les villages ». Son intervention a été saluée par des applaudissements, et le maire, Daniel Simionpieri, a félicité Ainardi pour son courage.
En tant que citoyens français, attachés à la démocratie et à
Le tableau d’Ingres dans la cathédrale d’Autun passe souvent inaperçu, sur un mur peu éclairé de l’édifice.
La scène représente le martyre de Symphorien. Nous sommes en 179 ; cela ne nous rajeunit pas. Entre cultes romains et foi chrétienne, les Autunois ne se sont pas encore fait une religion. Dans la toute récente Augustodunum, se côtoient des gens d’origine et de culture très variées. L’auréole étant à l’époque un attribut héréditaire, Saint-Symphorien est le fils de Saint-Fauste et de Sainte-Angusta. Cette famille fait partie de la toute petite minorité chrétienne de la ville. Alors que l’on fête dans les rues la déesse Cybèle, Symphorien – emporté par la fougue de ses vingt ans – se fait remarquer bruyamment. Et il se trouve que les adeptes du culte de Cybèle, promettant eux aussi le salut après la mort, n’apprécient qu’assez peu la concurrence. N'ont-ils pas très récemment torturé à Lyon et à mort la jeune Blandine et le vieux Pothin ? Toujours est-il que pour les vauriens ennemis de Symphorien, la foi du saint ne vaut rien ! Conduit au supplice, sa mère, du haut des remparts, lui aurait crié, entre autres : « aujourd’hui, ta vie n’est pas détruite, elle est changée en une vie meilleure » ; avant que l’implacable glaive ne fasse taire définitivement le jeune rebelle.
Voici brossé le tableau. Celui d’Ingres, accroché dans la cathédrale d’Autun, mesure très exactement 4,07 m sur 3,39 m ; soit plus que les superbes panneaux publicitaires qui embellissent nos entrées de ville… Sa taille l'empêcha d’ailleurs d'être retenu dans le cadre de la grande exposition que le Louvres a consacré à Ingres en 2006. C’est pourtant une des œuvres majeures de Jean Auguste Dominique Ingres, connu aussi pour son fameux violon. Le peintre consacra plus de dix ans à ce projet, multipliant les croquis, venant à Autun étudier l’architecture locale… Aussi, lorsque son tableau, exposé en 1834, fut étrillé par la critique, il quitta la France avec fracas pour l’Italie et un exil de six années. Le Symphorien d’Ingres est alors peu à peu tombé dans un certain oubli, comme le mot de Théophile Gauthier à son propos : "c'est la plus belle fresque qu'il soit possible de voir".