La carte bleue qui ouvre les portes de la forteresse

Par ... :: dimanche 30 novembre 2008 à 14:46 :: politique

Je suis tombé sur ce communiqué de presse du Parlement Européen :

"Une "carte bleue" européenne pour faciliter l'immigration hautement qualifiée. Le Parlement Européen soutient la "carte bleue" européenne inspirée de la "green card" américaine susceptible d'attirer les migrants hautement qualifiés vers les secteurs économiques de l’Union Européenne souffrant de pénurie de main d’œuvre. Cette mesure ne devrait pas remettre en cause la priorité des ressortissants de l'UE sur le marché du travail. »

Ces quelques mots nous confirment :

- que l’Europe, tout en se barricadant contre toute immigration, fait tranquillement son marché parmi les élites formées à grand frais dans les pays pauvres, et qu'elle ne s’en cache pas

- qu’elle s’inspire en cela du "modèle" américain

- que le slogan du front national, « la préférence nationale », est revendiqué et mis en pratique sans complexe par l’Europe

- que nous avons élu ces gens et qu’ils nous représentent…

Que fais-tu dimanche ?

Par ... :: lundi 24 novembre 2008 à 22:52 :: politique

 

 

Je reproduis in extenso l’appel de députés UMP contre le travail du dimanche. Ce n’est sans doute pas tous les jours qu’ils signent un texte aussi sensé. Ceci dit, le combat n’est pas gagné, car le rouleau compresseur en face est puissant. Poussé à toute force par les libéraux et les patrons délinquants – qui ouvrent déjà le dimanche sans crainte de poursuites, et par tous ceux qui rêvent qu’être humain et consommateur ne fassent plus qu’un. Ceux pour qui l’horizon s’arrête sur les parkings hideux des hypermarchés. Ceux qui ne peuvent pas supporter qu’une journée par semaine soit consacrée aux activités sociales, collectives, familiales, sportives, culturelles, spirituelles, politiques, voire tout simplement à se reposer quand le stress au travail est devenu source de tant de maladies professionnelles.

 

« Organiser des vacances familiales en fonction des congés des conjoints est déjà compliqué. Sera-t-il aussi compliqué d’organiser ses week-ends demain s’il faut travailler le dimanche ? Ceux qui demandent l’ouverture des commerces le dimanche ont-ils conscience de toutes les conséquences de leur revendication ? 
Trois questions doivent être posées à ce  sujet.
Quel intérêt économique ?
On dit qu’ « ouvrir les magasins le dimanche, c’est créer 30 000 emplois. A cela plusieurs études, dont celle du Conseil économique et social, répondent que l’acte d’achat ne serait que transféré de la semaine au dimanche. Les sites qui ouvrent le dimanche perdent ainsi 30% de leur activité du samedi. Les 30 000 emplois créés ne seraient que transférés de la semaine au week-end.  D’autres études montrent qu’à consommation égale, un emploi du dimanche supprimera trois emplois de la semaine. La menace portera également sur ceux qui travaillent déjà le dimanche, notamment les multiples petits commerces de proximité dans nos centre-villes ou dans nos centre-bourgs en milieu rural. 
La logique économique veut qu’on n’effectue pas d’achats supplémentaires sans pouvoir d’achat en hausse. La hausse du pouvoir d’achat ne se décrète pas par l’ouverture des magasins le dimanche. A l’instar des heures de temps libre dégagées par les 35 heures, l’ouverture des magasins le dimanche risquerait plutôt de créer des frustrations et du surendettement.
Quel impact sur notre société ?
«  Ouvrir les magasins le dimanche, c’est donner une liberté supplémentaire aux individus, un jour de consommation en plus par semaine ! ». Et voilà comment on passe du dimanche chômé, acquis social obtenu de haute lutte au 19ème siècle, au dimanche chômé, menace pour la liberté individuelle des consommateurs. « Si nos concitoyens ont envie d’acheter le dimanche, qu’ils achètent ! Ouvrez tous les jours, le marché reconnaîtra les siens » L’argument est cocasse car, le travail le dimanche, c’est bien quand cela concerne les autres, mais moins bien quand cela nous touche personnellement. Or, ouvrir les magasins le dimanche ne touchera pas que les commerçants. Il faudra trouver des modes de garde pour les enfants. Qu’en sera-t-il des services bancaires indispensables à l’activité commerciale ? Faudra-t-il livrer les magasins le dimanche ? Le travail le dimanche ne se fera que sur volontariat nous dit-on. Comment peut-on y croire ? Chacun sent très bien que l’ouverture des commerces le dimanche est le cheval de Troie pour une ouverture générale de l’activité professionnelle. Qu’en sera-t-il alors de toutes les activités dominicales, non seulement les cultes, mais également les activités sportives, associatives, familiales… ? N’est-il pas préférable de ne pas consommer dans les commerces un jour sur sept et de conserver ces moments de fraternité qui donnent à la vie beaucoup de sens ? Le travail le dimanche, c’est une menace pour les familles. C’est leur retirer un des rares moments de la semaine où elles peuvent se retrouver pour partager des moments indispensables qui participent à la construction de chacun. Pourquoi leur retirer ce refuge essentiel ?
Quel sens donner à une telle revendication ?
C’est en effet là qu’est la vraie question. L’homme contemporain est-il uniquement un « individu consommateur » ou est-il encore l’animal social que définissait Aristote ? S’il n’est que consommateur, ouvrons les magasins le dimanche et laissons le satisfaire son instinct. Si l’homme se construit par les relations qu’il tisse avec les autres, posons-nous la question de maintenir chômé un jour dans la semaine durant lequel les relations que nous avons les uns avec les autres peuvent être facilitées et gratuites.
La réglementation est souvent trop lourde et faite de tracasseries inutiles quand il faut organiser des manifestations sportives, amicales, associatives et religieuses où les gens se rencontrent et partagent un peu de leur temps. Elle est en revanche nécessaire pour préserver des moments gratuits, sans transaction, des moments de partage en famille ou entre amis.
« Les Français qui le veulent pourront ne pas consommer le dimanche. Il n’y a aucune obligation mais une nouvelle offre proposée» affirment enfin les partisans de l’ouverture. Peut-être. Il est cependant probable que ce moment privilégié de partage et de relations personnels sera sévèrement frappé par la concurrence d’une possibilité de consommer qui n’aura plus de limite.
Aujourd’hui, les Français ont encore plus besoin de solidarité qu’hier. Or, la première et la plus vraie des solidarités, la plus efficace, la plus riche en relations et en affection, est certainement la famille. Sachons protéger cette valeur essentielle et ne pas la fragiliser une nouvelle fois. "

Quasi-terroristes sans frontières

Par ... :: vendredi 29 août 2008 à 23:02 :: politique

Le réseau Education Sans Frontières, RESF pour les intimes, est – comme son nom l’indique – un réseau. Constitué d’enseignants, de parents, de citoyens, qui se retrouvent confrontés au problème des sans-papiers lorsque leurs voisins, leurs élèves, le copain ou la copine de leurs enfants se retrouvent du jour au lendemain inquiétés, enfermés, expulsés… Cela parce qu'ils ne sont pas en possession du bon titre de séjour. Ce réseau fonctionne avec les moyens du bord : tract, photocopies, affichettes, bénévolat, internet, présence devant les centres de rétention, dans les aéroports…

On se doutait que RESF gênait le gouvernement. Depuis que les nerfs du ministre Hortefeux ont lâché - voir plus loin - on sait maintenant que RESF gêne beaucoup le gouvernement.

Sur la forme d’abord, car un réseau, c’est insaisissable, c’est mouvant, c’est difficile à cerner. Ce n’est pas une bonne vieille association, avec un président à sa tête. Un président que l’on envoie siéger dans moult comités bidules ou conseils consultatifs, un président qui finit par aimer ça et ne plus représenter que lui-même. Un président à qui l’on donne une médaille et que l’on empaille définitivement en le nommant au conseil économique et social… Non, un réseau, c’est terriblement déstabilisant pour l’institution…

Lorsque ce réseau utilise la non-violence pour affirmer qu’aucun être humain n’est illégal, que les expulsions sont des actes politiciens, violents, injustes… cela devient insupportable.

Insupportable lorsque l’on dirige l’armée, la police, que l’on pense contrôler les médias…

 Et les nerfs craquent… David Weiss, délégué national des jeunes UMP, sur Europe 1 : « RESF, sincèrement, c’est un mouvement quasi-terroriste. Ils sont là pour faire des coups de pub, qui poussent les gens à foutre le feu un peu partout. On sait ce qui s’est passé quand il y avait eu l’interpellation à Belleville du Chinois en situation irrégulière. C’est ce type de personnes là, et franchement je n’ai aucune estime pour ce type de personne ». RESF responsable de la mort de cette chinoise, des propos ignobles, mais finalement dans la lignée de l’estime que Sarkozy porte lui-même  à ce réseau (interview 24/07/2006) : « Je ne céderai pas à cet extrémisme de gauche. Pendant des années ces belles âmes ont empêché la France de débattre des questions d'immigration. Résultat : une extrême droite à un niveau inégalé en Europe. Beau travail ! ».

Et c’était donc avant que Brice Hortefeux ne les traite de « groupuscules d’extrême-gauche », les menace de poursuites judiciaires et interdise de manifestation les défenseurs des sans-papiers.

 

Alors, pourquoi un tel acharnement contre le réseau ? Il faut dire, Monsieur Hortefeux, que ce « collectif » ne mâche pas ses mots lorsqu’il vous écrit. Pour preuve, la lettre que vous avez reçue le 16 juin dernier et dont voici quelques extraits :

« Monsieur le ministre,

(…) Vous avez fait voter une loi destinée à empêcher les parents et les enfants de vivre ensemble et jetant l’opprobre sur une immigration dont votre texte insinue, par son existence même, qu’elle serait trop prolifique et aux filiations si douteuses qu’il faudrait recourir aux tests ADN pour les établir – pratique jusqu’alors réservée aux affaires criminelles. Vous avez assigné à vos services l’objectif de 25 000 expulsions en 2007, 26 000 en 2008, 28 000 en 2009, précisant à l’unité près, les quotas dus par chaque préfecture, comme s’il s’agissait de fret. Que n’exprimez-vous vos objectifs en têtes ou en quintaux ?

 

 

 Une expulsion est un cataclysme. C’est tout à la fois une arrestation inopinée, un emprisonnement, la privation de son logement, un licenciement minute, la spoliation de la totalité de ses biens, parfois la séparation brutale d’avec son conjoint et ses enfants, la dislocation de tout lien avec son milieu et ses amis et une reconduite contrainte, éventuellement assortie de violences. C’est une humiliation totale dont on ne se remet pas. Le pays dans lequel on avait placé son espoir d’une existence nouvelle, qu’on avait parfois bataillé des années pour rejoindre, vous rejette, vous expulse et vous dépose comme un déchet, sans bagage, sur un tarmac où personne ne vous attend. Même quand les expulsés ont des proches au pays, il arrive que la honte les empêche de les rejoindre : celui qui faisait vivre toute une famille est devenu une charge. Nombre d’expulsés finissent désespérés, désocialisés, à la rue, mendiants, fous ou suicidés.

Ces ravages ne sont ni des accidents, ni des faux frais de votre politique. Ils sont son essence même. (…)"

Que ces propos sont déplaisants. quasi-terroristes !

Yalta Olympique

Par ... :: mercredi 20 août 2008 à 15:30 :: politique

Il suffit de jeter un œil sur le tableau des médailles aux Jeux Olympiques pour se dire que quelque chose ne colle pas… En effet, proportionnellement à sa population, l’Inde par exemple devrait déjà avoir obtenu 107 médailles. Hélas, ce pays ne compte en tout et pour tout qu’une seule médaille : Abhinav Bindra, en tir à la carabine…

 

 

Le continent africain devrait quant à lui en être à 78 médailles, et non à 22… Quant à Madagascar, ce pays de 18 millions d’habitants a obtenu le meilleur résultat olympique de son histoire il y a 40 ans, un de ses représentants (Jean-Louis Ravelomanantsoa) arrivant huitième de la finale du 100m… Inversement, la Grande-Bretagne ou la France – malgré les déceptions – raflent 5 à 6 fois plus de médailles que ce que leur démographie ne laisserait présager.

J’entends déjà l’explication : les moyens financiers dont disposent les fédérations sportives nationales pour financer les équipements, les athlètes… Les épreuves répétitives que nous offrent les télévisions, avec des vainqueurs américains, européens, russes ou chinois débordant de joie, ne seraient donc autre chose qu’une mise en scène médiatisée de la domination économique, politique et militaire du Monde. Les sommets internationaux, ou les réunions de l’Organisation Mondiale du Commerce ne se passent pas autrement…

Au train où vont les choses...

Par ... :: vendredi 23 mai 2008 à 17:46 :: politique

Dans un billet du 21 mars dernier, je vous parlais de la Cour des Comptes qui préconisait de fermer des centaines de bureaux de poste pour que la Banque Postale devienne définitivement une banque comme les autres.
Poursuivant leur valeureuse réflexion, ces éminents magistrats viennent maintenant de se pencher sur les voies ferrées françaises.  Et, horreur, ne viennent-ils pas de constater qu’environ la moitié du réseau ferré français ne recevait que 6% seulement du trafic ? Ni une, ni deux, ils préconisent donc de fermer toutes ces voies peu utilisée, en particulier 11.000 kilomètres.


Si, contrairement à ceux qui rédigent de tels rapports, il vous arrive d’utiliser ces lignes secondaires, sachez que ce service – que l’on sera heureux de retrouver dès lors que l’automobile deviendra un luxe écologiquement inaccessible  - est hautement menacé. D’autant plus que l’Etat a, depuis des années, à ce point délaissé le renouvellement de ses voies ferrées, que 4.000 à 5.000 kilomètres sont désormais « hors d’âge » et ne pourront plus être rénovées sans des investissements majeurs.
La Cour des Comptes poursuit donc imperturbablement son rêve fou d’un pays « rentable » : quelques agglomérations reliées entre elles par TGV et autoroutes, du béton sur les côtes et au milieu un grand désert tout offert aux céréaliers ou aux forestiers industriels. de voies qui reçoivent moins de 20 trains de voyageurs par jour, et de les remplacer par des autocars.

 

Le carnaval moche

Par ... :: vendredi 11 avril 2008 à 17:42 :: politique


Expulser toujours plus de sans-papiers. C’est le mot d’ordre. La mission. Pour satisfaire à ces objectifs (très) politiques, certains spécialistes de la course à l’échalote sont devenus ces dernières années des stakhanovistes de l’ignoble. Se faire bien voir, ne pas se faire convoquer par le ministre comme un écolier fautif. Faire carrière.
Que laisse dans son sillage cette cohorte de fonctionnaires dociles ?

Des parents expulsés, laissant leurs enfants seuls en France, orphelins de père ou de mère. Silvana – 13 ans, Omer – 4 ans, Jaël – 6 ans, Jeff – 2 ans, Bayroute – 7 ans, Kafia… et la liste serait très longue.  Des enfants et des nourrissons placés en centre de rétention, prisons qui ne veulent pas dire leur nom. Amela – 1 an, Mickaël - 16 mois, Houhanès, et tant d’autres…
Des papas arrêtés quelques jours avant Noël et placés en centre de rétention pendant que les Préfets devaient passer les fêtes en famille.
Des sans-papiers piégés dans les préfectures. Un exemple : les étrangers qui viennent s’enquérir de l’avancement de leur dossier au guichet de la préfecture de Nanterre, mis en attente, conduits dans la fameuse « cabine 17 », arrêtés sur le champ par la police.



Christiane (ci-dessus), expulsée la veille de la fête de son école et qui n’aura pu dire au revoir ni à ses copains de classes, ni à son instituteur, ni à sa grand-mère, qui n’a pu aller la voir au centre de rétention faute de papier.
Elisabeth. Arrêtons-nous un instant sur cette béninoise. Elle s’est mariée avec Claude, ressortissant français en octobre 2005. Son titre de séjour « vie privée et familiale » est renouvelé une première fois en novembre 2006. Son mari découvre quelques mois plus tard qu’il est atteint d’un cancer ; il décède en octobre 2007. Elle informe l’administration de ce décès et reçoit un refus de séjour accompagné d’une mesure d’éloignement, avant d’être interpellée ce 3 avril. Le préfet lui a écrit : « Même si la rupture de communauté de vie résulte malheureusement du décès du conjoint français, l’administration ne peut renouveler le titre de séjour sollicité ». Si l’on pouvait avoir en face le fonctionnaire qui a écrit cela, et le préfet qui a signé… (Se révolter, se défouler, leur botter le cul…).

Dans ce carnaval moche* de la France de 2008, on voit des juges arrogants qui envoient en prison celles et ceux qui ont refusé d’embarquer. On voit des morts aussi. Celles et ceux qui ont sauté de la fenêtre, ou qui ont plongé dans la rivière pour échapper aux contrôles de police « ciblés ». Ivan, Tarek, Chunlan, Baba…  Les déboutés du droit d’asile renvoyés dans le pays qu’ils fuyaient, en danger de mort. Ceux qui se suicident en apprenant le refus de la France de leur accorder l’asile. John, 19 ans. Ceux qui ont péri étouffés par un coussin dans l’avion qui les expulsait. Semira, 20 ans. N'est-il pas temps de créer sur internet un monument virtuel à toutes ces victimes de la « politique d’immigration » de l’Europe forteresse ? Tous ces morts n’avaient pas un assez bon curriculum vitae pour faire partie de l’immigration «choisie». Tombés par malchance sur un contrôle au faciès, ou dénoncés, ils ont permis à certains préfets de prouver là leur efficacité et leur loyauté.
Quels ressentiments emportent avec elles ces familles brisées, séparées, meurtries ? Qu’en retiennent leurs enfants, les copains, les voisins ? Peut-on construire un avenir sur des humiliations, des blessures, des insultes ? Ces atteintes au droit déshonorent tout autant les politiques qui les conçoivent que les fonctionnaires qui les mettent en œuvre. Que ce soit dans les aéroports, les préfectures, les centres de rétention ou les tribunaux, la France et l’Europe se salissent les mains pour longtemps.

* titre emprunté au livre d'Alain Brossat qui traitait du sort de victimes expiatoires d'un autre temps

Lucie Simon, 1er prix

Par ... :: mercredi 13 février 2008 à 5:25 :: politique

Le 1er février, se déroulait au Mémorial de Caen la finale du 11ème concours de plaidoiries des lycéens pour les droits de l'homme. Lucie SIMON, du lycée Jean-Baptiste Dumas à Alès, a remporté le 1er prix - parmi 1500 candidats - en évoquant les jeunes sans-papiers de son entourage. VOIR LA VIDEO

 

              

Lucie SIMON, son premier prix est offert par l'ONU.

 

Puisse sa plaidoirie, intitulée "Comment écrire sans papiers ?", être écoutée par beaucoup et entendue par certains. Je vous conseille de l'écouter jusqu'à la fin.

Bali, c'est fini

Par ... :: vendredi 04 janvier 2008 à 22:24 :: politique

En 1974, René Dumont, premier candidat écologiste à une élection présidentielle en France, écrivait dans son livre-programme que le climat pourrait bien se trouver bouleversé par l’augmentation des émissions de gaz carbonique. 34 ans plus tard, les grands partis et dirigeants politiques semblent d’accord sur la réalité du phénomène. Combien de décennies faudra-t-il encore pour qu’ils se mettent d’accord sur des dispositions coercitives destinées à sauver la planète ? La récente conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Bali n’a conduit qu’à repousser les décisions concrètes et chiffrées à… la conférence de Copenhague fin 2009. Au mieux, deux années perdues… Et pourtant, l’urgence est patente.

 

En France, le gaspillage énergétique se porte à merveille. Les décorations électriques de Noël font l’objet de concours organisés par les collectivités locales. Les terrasses de café s’ornent depuis quelques jours de lampadaires chauffants. Comme l’écrit un fabricant, « le chauffe-terrasse prolonge les plaisirs de la saison en plein air et permet de se divertir à l’extérieur quelle que soit la saison. Il est idéal pour agrémenter les soirées lorsque la température se refroidit ».

Invraisemblable. Pendant que Jean-Louis Borloo demande à Bali, au nom de la France, un engagement des pays industrialisés sur une réduction de 25 % à 40 % d’ici à 2020 de leurs émissions de gaz à effet de serre, les cafés de France s’équipent en toute impunité de machines à brûler du gaz pour chauffer les rues…

Quant au fameux Grenelle de l’environnement, il aura fallu une grève de la faim médiatique pour aboutir peut-être sur l’une des micro-promesses qui en étaient sorties…

Finalement, le slogan de mai 68 – « il est interdit d’interdire » - n’aura trouvé sa pleine et entière application que dans le cadre de la protection de l’environnement.

 

Chers lecteurs, je vous souhaite de tout coeur une bonne et heureuse année.
Et en terme de bonnes résolutions pour 2008, pour l’avenir de la planète, pour la paix et l’équité entre les hommes, sachez ne compter que sur vous et sur vos actions. N’attendez pas passivement que les grands dirigeants et partis au pouvoir se convertissent subitement à la défense de l’intérêt général. Militez, adhérez, échangez, transmettez, formez-vous, résistez sans relâche !

 

Reiser

Noël

Par ... :: lundi 17 décembre 2007 à 23:19 :: politique

Lecteurs occasionnels ou réguliers, je vous offre ce chant de Noël.
C’est une chanson de Jean Naty-Boyer chantée par les enfants de l’école Massé au Québec…

 

 

 

 

Enfants de Palestine
Ou enfants d'Israël...

 

Espérons que ceux là connaîtront un jour prochain la paix et le respect mutuel.
En France, une autre version pourrait être « Enfants avec papiers, ou enfants sans papiers »...
A quelques jours de la fête des enfants, j’ai une pensée pour tous ceux qui ne peuvent attendre Noël dans la sérénité, car leurs parents n’ont pas les papiers qui leur permettraient de vivre tranquillement avec leur famille. Une pensée pour tous ces enfants qui, comme leurs parents, ont la peur au ventre. Peur que leurs parents ne soient arrêtés lors d’une rafle ou d’un contrôle inopiné. Peur que des policiers ne frappent à leur porte à six heures du matin. Ou qu’ils viennent les chercher à l’école et les emmènent devant leurs camarades et leur maître ou leur maîtresse, comme cela s'est vu récemment. Peur que tout bascule, que leur famille ne soit séparée, ou placée en centre de rétention. Peur de l'enfermement, de l’expulsion, de la honte...

Si l’Europe a pu être un symbole dans la route vers la paix et la justice entre les peuples, elle risque de montrer un bien autre visage si elle persiste dans ce que la CIMADE appelle la «directive de la honte». Avec le soutien de nombreuses autres associations (pour la France, citons Emmaüs, Attac, le Secours Catholique, la Ligue des Droits de l’Homme, Survie…) et les églises, elle s’insurge contre ce projet de directive, qui prévoit entre autres que les sans-papiers pourront être placés dans des centres de rétention pendant 18 mois. La forteresse Europe va-t-elle maintenant se couvrir de camps pour enfermer les étrangers sans-papiers et leurs enfants ?

 

 

 

Signez l'appel !

 

Benali Sahnoune, sans-papier sans histoire

Par ... :: mercredi 12 décembre 2007 à 16:55 :: politique
Dans l’imaginaire collectif français, alimenté par moult reportages télévisuels édifiants, le sans-papier est devenu bien souvent un africain débarqué clandestinement sur les côtes françaises, qui se terre chez des marchands de sommeil, vit de petits boulots au noir et est plus ou moins une charge pour la société. L’image est habilement entretenue par certains élus, qui justifient ainsi leurs politiques d’expulsion face à une opinion peu au fait de la réalité.
Laquelle réalité est souvent bien différente, avec des sans-papiers qui vivent souvent depuis des années en France, y travaillent, y vivent en famille et y ont bâti tout leur réseau de sociabilité. Ils ont seulement échoué à obtenir leurs papiers, victimes de pièces manquantes, d’une vision trop restrictive du droit d’asile, de lois de plus en plus dures, en changement perpétuel et à géométries variables d’une préfecture à l’autre.
Et lorsque des objectifs chiffrés d’expulsion sont fixés, et que les Préfets mauvais élèves sont convoqués au ministère, ce sont les personnes les plus connues, ou celles qui ont déposé des demandes de régularisation qui sont les premières victimes de l’administration.

Souvent, lorsque le sans-papier quitte son image impersonnelle et son étiquette, il devient sympathique et son expulsion entraîne une vague de soutien. C’est ce qui vient d’arriver à Chalon-sur-Saône. La police n’a pas eu beaucoup de mal à arrêter Benali Sahnoune, un algérien de 40 ans. Titulaire d’un CDI dans une exploitation viticole de la Côte Chalonnaise, payant ses impôts et ses cotisations, M. Sahnoune n’était finalement pas très clandestin. Son employeur le considère comme « un travailleur sérieux, compétent et très gentil ». Mais la police a des objectifs et pour les atteindre, elle n’avait qu’à attendre M. Sahnoune le matin, sur la route reliant son domicile à son travail, pour l’arrêter, le menotter et l’envoyer en centre de rétention à Lyon, avant de l’expulser de France, le séparant ainsi de ses collègues, de ses amis, de ses parents et de ses sœurs qui sont elles françaises… Traduction concrète et hélas ordinaire du programme administratif et comptable des expulsions.



Les articles consacrés à Monsieur Sahonoune par le Journal de Saône-et-Loire ont entraîne une flopée de réactions de lecteurs allant toutes dans le sens de la solidarité :
« Employé chez Mr Millet depuis 20 ans, Rendez moi mon collègue de travail Benali » . Jean-Jacques
« Il est inadmissible d'expulser un homme intégré, sans histoire, qui a un travail et n'est donc pas à la charge de l'état!! Si sa vie est en danger dan son pays, il est de notre devoir de le régulariser!! On marche sur la tête...( …) Courage à Monsieur Sahnoune et à sa famille... » - Karine
« Ce type de 40 ans qui travaille, qui a la totalité de sa famille proche en France devrait rentrer dans le cadre de dispositions spéciales et être un exemple pour les jeunes. C'est inadmissible de toujours prendre la loi au pied de la lettre.... » Ray.
Lueur d’espoir pour l’avenir : quand le sans-papier est démystifié et dépolitisé, la solidarité revoit le jour.

Je finis mon billet en reprenant les mots que Virginie Schickel, de RESF Marseille a consacrés à la famille Tastan, victime d’un harcèlement sans borne (à lire ici)
« Il faut réagir. Le pire qui pourrait advenir serait que l’opinion s’habitue. Que les rédactions des médias se vaccinent : encore un sans-papiers qui passe par la fenêtre, encore un enfant rendu orphelin, un nourrisson en garde à vue, une famille éclatée, un père expulsé en laissant cinq enfants en France, pourquoi en parler, c’est tous les jours… Eh bien, oui, c’est justement parce que c’est tous les jours qu’il faut en parler. Et beaucoup. Et ne pas laisser faire »

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