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Touche pas à mon huile !

Par ... :: vendredi 30 mai 2008 à 16:05 :: Général

Quand on s’approvisionne dans les hypermarchés et les grandes surfaces, on ne sait pas bien ce que l’on mange. A moins de privilégier le bio, on se doute bien que les aliments proposés sont bourrés d’engrais chimiques et d’insecticides, mais toutes ces joyeuses substances sont sensées être parfaitement inoffensives…  Si au lieu d’avoir un label bio, on exigeait une mention en gros caractère du type « produit pollué », l’agroalimentaire prendrait certainement un peu plus en compte la santé humaine, mais en attendant…



Ce mois de mai nous a offert une nouveauté. Le canard enchaîné lève un coin du voile : pour une fois, nous allons savoir ce que nous mangeons ! Et ce n’est pas triste…
En effet, un grand groupe, spécialiste des oléagineux et propriété de Lesieur, s’est fait avoir. La cargaison d’huile de tournesol importée d’Ukraine était coupée avec l’huile moteur, ce dont elle s’est aperçu très tardivement, après avoir vendu son huile frelatée à plus d’une trentaine d’entreprises agroalimentaires. Le mal était fait, l’huile moteur était dans les rayons de nos chères (de plus en plus, d’ailleurs) grandes surfaces. Et que croyez-vous que fit la Répression des Fraudes, si prompte à sévir contre les baraques à frites et les petits vendeurs du marché ? Rien, car elle avait là affaire à des grands groupes. La commission européenne, grand défenseur des consommateurs devant l’éternel, a même autorisé la vente des aliments contenant moins de 10% d’huile ukrainienne. Et de théoriser sur le fait qu’un homme de soixante kilos pouvait avaler chaque jour 1,2 gramme d’huile frelatée (un quart de cuiller à café) sans danger particulier…

Miracle de la surveillance sanitaire : les plats préparés, les sauces, les conserves pollués restent en rayon. 200 références chez Carrefour, 40 références chez Auchan. Le consommateur français va devoir ingurgiter 5,6 tonnes de lubrifiant. Bon appétit !

 

Rendre leurs larmes aux gazelles

Par ... :: mardi 22 avril 2008 à 15:51 :: Général
Le déterrage. Je ne connaissais même pas ce mode de chasse, pratiqué tout au plus par quelques centaines de personnes en France. La perspective du prochain championnat de France vers Cluny, en Bourgogne, a attiré mon attention sur cette pratique. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’acculer un petit animal – en général un renard ou un blaireau – au fond de son terrier. Pendant que les chiens s’excitent devant le terrier et mordent leur proie,  les chasseurs s’excitent eux aussi : avec pelles et pioches, ils creusent la galerie. Cela peut durer des heures, jusqu’à ce que l’animal soit extirpé par des pinces et mis à mort. Le cas échéant, les petits trouvés au terrier sont également tués. On pourrait penser qu’une telle pratique est interdite par la Loi, qui punit les actes de cruauté envers les animaux. Il n’en est rien car il y a là "Tradition" et que devant la "Tradition", tout le monde est prié – code pénal en tête – de s’incliner bien bas.
Il n’est qu’à regarder un groupe de « déterreurs » pour voir s’incarner sur leurs sourires tout ce qu’une "Tradition" peut charrier de scories crasseuses. Portraits.

                     

Qui leur rendra leurs larmes ? Louis Massignon fait allusion à ce cri, prêté à une sainte, pour écrire cela : « Je ne pense pas que la gazelle qui, forcée à la course, s'agenouille et pleure, soit insensible. A elle aussi, je crois qu'on "rendra des larmes". Je me souviens de ma dernière chasse : vexé d'avoir raté quelques proies, je visai et tuai une alouette, et sa chute me déchire encore le cœur... »

Les OGM et les clones

Par ... :: vendredi 18 avril 2008 à 18:14 :: Général

Un mot sur la loi en train d’être votée sur les OGM. Pour reprendre les mots d’un député UMP, cette loi va permettre « une mise en culture rapide et massive des OGM en France ». Il ne nous avait pas semblé que le Grenelle de l’environnement, et les propos sarkoziens de l’époque, allaient dans ce sens.


Si cela n’était pas si grave et irréversible, on pourrait rire de la désolante image qu’ont donnée nos parlementaires d’eux-mêmes. A part une poignée d’entre eux qui ont étudié la question, la plupart ont sagement suivi le mot d’ordre de leurs présidents de groupe. Les sénateurs UMP avaient même pour consigne de voter systématiquement contre tout amendement, hormis celui de Monsieur Bizet, fer de lance pro-OGM au Sénat. C’est ce que le même député appelle « l’activisme forcené de la FNSEA et du lobby pro-OGM ». En votant aux élections législatives, nous ne pensions pourtant pas participer à des élections professionnelles agricoles… Il y a quelques jours, le député de notre coin était pris à partie par des manifestants, posant devant sa permanence avec des banderoles du type : « Notre député a voté pour les OGM ». Refusant d’engager le débat de vive voix, ce dernier fait paraître un long communiqué argumentant son vote. On y apprend par exemple que la loi offrira la possibilité de produire avec ou sans OGM. Sachant que produire sans OGM est une activité autorisée depuis environ 10.000 ans avant J.C., tout l’intérêt de la loi aurait été d’interdire la production avec OGM (laquelle est encore ultra marginale : 0,75% du maïs planté)... ce que les Français réclament très majoritairement. Mais le plus grave, c’est que l’on trouve le même texte, les mêmes mots et expressions sur de nombreux blogs et sites de députés UMP. Autrement dit, c’est un « copier-coller ». Pour nous défendre des OGM, une armée de clones ?


Liste des députés de l’UMP qui ont voté contre la loi sur les OGM : Jean-François Chossy, Dino Cinieri, René Couanau, François Grosdidier, Christophe Guilloteau, Jacques Le Nay, Damien Meslot, Yves Nicolin, Daniel Spagnou et François Vannson
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SOS bébés à Clamecy

Par ... :: lundi 31 mars 2008 à 15:28 :: Général
Le dépeçage du Morvan continue.
Lundi 31 mars est la date choisie par le gouvernement pour fermer la maternité de Clamecy dans la Nièvre. Quelle faute a commise cette maternité ? Elle ne faisait naître qu’un peu plus de 200 bébés par an, un nombre insuffisant pour les comptables qui gèrent désormais la vie publique.

L’avancée du désert médical dans le massif central se poursuit donc. A Clamecy, toute la population s’est révoltée contre la fermeture de maternité, structure à taille humaine avec une équipe humaine et disponible.
De très nombreux maires ont pris des arrêtés ressemblant à cela :
Article 1 : Considérant que la décision actuelle met en situation d’insécurité, menace l’intégrité physique et ne garantit pas les conditions de survie de l’enfant à naître sur le Haut Nivernais, il est interdit à toute femme de la Commune de procréer.
Article 2 : Les femmes enceintes devront quitter le territoire communal dès le 31 mars 2008.
Article 3 : Des panneaux d’interdiction seront mis en place à l’entrée du village et des hameaux.



Rien n’y fait et dans le jargon technocratique du ministère, la maternité souffrait sans doute d’une «approche médico économique particulièrement défavorable ».
Pour les mamans, l’approche consiste maintenant à devoir accoucher à 60 ou 70 km de chez elles, soit un trajet de plus d’une heure. Certes, le ministère de la santé a tout prévu, à savoir une « antenne SMUR ». Le directeur de cabinet précise : «le véhicule, le matériel et le prestataire de service seront opérationnels dès le 27 mars ; l’organisation médicale et paramédicale est prête et les moyens de communication sont fonctionnels». Nous voilà rassurés, le téléphone fonctionne. Mais il faut savoir que dans une maternité comme celle d’Autun - à une autre extrémité du Morvan - environ 5% des naissances se déroulent dans les 30 minutes suivant l’admission… Sans parler des pères, grands frères ou grandes sœurs qui ne pourront plus accompagner les mamans dans ces moments si particuliers dans la vie d’une famille…

      

Les jeunes parents de la Nièvre ont la nette impression d’être méprisés par les responsables du pays et d’être, en première ligne, les victimes de la violence de l'Etat contre son territoire rural.

La Poste bancale

Par ... :: vendredi 21 mars 2008 à 17:35 :: Général

Privatiser, puis détruire.
En 2006, les activités financières de La Poste sont devenues la Banque Postale. Une banque comme les autres, à égalité avec ses concurrentes, dans les règles communes du marché. Le site institutionnel de cette nouvelle banque se voulait rassurant : « Pour nos clients, leurs interlocuteurs habituels, le Bureau de Poste et le Centre Financier, ne changent pas. ».
Pas si évident que cela, si l’on en croit  le récent rapport remis par la Cour des Comptes aux députés. Que disent ces éminents fonctionnaires ? Ils estiment que « les bureaux de poste constituent un handicap concurrentiel pour la Banque Postale » et préconisent « un réseau resserré ». En décodé, il s’agit tout simplement de fermer des bureaux de poste dans tout le pays pour réduire le personnel, faire des économies et améliorer la rentabilité de la banque. Que cela contribue à renforcer la désertification des espaces les moins peuplés et à priver des millions d’habitants d’un service de proximité ne les gêne pas plus que cela.


Dans le même ordre d’idée, ces grands juges s’inquiètent que la Banque Postale ne devienne la banque des « populations à risques ». Dans le jargon de la cour des c… , il faut comprendre « pauvres ».

Tristes sires qui - payés par nous autres citoyens pour préserver l’intérêt général et veiller à l’égalité et la fraternité entre tous - en arrivent à préconiser de fermer à tour de bras les bureaux de poste pour améliorer la rentabilité d’une banque. Pauvres types qui – payés par le peuple – se plaisent à tant le mépriser.

post-scriptum : le réalisateur ardéchois Christian Tran a consacré un film à cette disparition programmée des bureaux de poste dans le massif central : "Poste restante"
"Albon ... ! 165 habitants au cœur du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche... une mairie... une école publique... une poste...oui, mais une poste ‘’restante’’, une poste qui n’a plus lieu d’être, une poste qui coûte cher, une poste ‘’cible’’ de l’aménagement du territoire et de la restructuration du service public"
 

L'Etat n'a pas été correct avec moi !

Par ... :: dimanche 27 janvier 2008 à 4:54 :: Général

« Dites bien que l'Etat n'a pas été correct avec moi ! »

Telles sont les paroles confiées à un journaliste du Monde en 2005 par Louis de Cazenave, l’avant-dernier « poilu » encore en vie, qui vient de s’éteindre à Brioude à l’âge de 110 ans.

« Dites bien que l'Etat n'a pas été correct avec moi ! »

Telles sont les paroles laissées aux générations futures par ce très vieil homme qui avait connu – comme des centaines de milliers d’autres jeunes hommes – l’horreur absolue des champs de bataille.

 

Louis de Cazenave avait refusé – au cas où il serait le dernier poilu à mourir – toute idée d’obsèques nationales. Il ne s’était jamais rendu aux cérémonies du 11 novembre à Paris. Le grand âge ne lui avait pas fait oublier le sort funeste et révoltant réservé à sa génération. Il déclarait : « Je ne vois pas pourquoi j’aurais une médaille, alors que les camarades là-bas n’ont même pas eu droit à une croix de bois ».

Il avait compris, bien mieux que tant de « grands hommes » dont nos avenues portent le nom, ce que le mot « fraternité » voulait dire : « Il faut avoir entendu les blessés entre les lignes. Ils appelaient leur mère, suppliaient qu'on les achève. C'était une chose horrible. Les Allemands on les retrouvait quand on allait chercher de l'eau au puits. On discutait. Ils étaient comme nous, ils en avaient assez. ». Que Louis, plus que tout autre, repose en PAIX.

 

Monument aux morts de Gentioux, dans la Creuse : "Maudite soit la guerre"

 

 Monument aux morts de Strümpfelbach, en Allemagne : "Nie wieder Krieg ! ", plus jamais la guerre...

Développement durable... des colloques

Par ... :: jeudi 17 janvier 2008 à 23:19 :: Général
Si vous en avez l’envie, le temps et les moyens, vous pouvez passer votre vie de colloque en colloque en séminaire, et de congrès en forums sur le développement durable.
J’ai dressé pour vous un agenda du début de l’année.
Le 15 janvier, vous serez à Grenoble pour savoir « pourquoi et comment engager une entreprise sur la voie du développement durable ». Le lendemain, le 16, vous serez à Paris pour une « conférence sur l'adaptation au changement climatique » proposée par la Caisse des Dépôts, qui gère 200.000 hectares de forêts et pourrait par exemple les certifier FSC. Le 17 janvier à Avoriaz, un grand forum international soutenu par la Banque Populaire : «Les stations de montagne s’engagent pour la planète », lesquelles pourraient par exemple arrêter de faire la promotion des quads et des motoneiges. Le 18, vous pourrez vous reposer et vous préparer au colloque du lendemain : « Quel aménagement durable du territoire alsacien ? ».



Vous avez passé une bonne semaine ? On continue.
Lundi 21, vous êtes de retour dans la capitale pour le colloque « Certification en agriculture : de l'engagement individuel à une démarche collective » en présence de Michel Barnier, Luc Guyau, du président de la coopérative Champagne Céréales et du secrétaire national de France Nature Environnement. La semaine commence mal, je vous l’accorde !
Le 22, vous serez des  « Rencontres sur l'avenir des déchets en Ile-de-France ». Je crois aussi que les déchets ont de l’avenir, et pas seulement en Ile-de-France… Le 23, vous restez à Paris pour un colloque sur « Les enjeux sanitaires de la production agricole » où vous rencontrerez, outre deux directeurs de la Commission Européeenne, de grands pourfendeurs des pesticides, comme les PDG de Bayer et du Groupe Bonduelle, le directeur des achats de Nestlé ou encore… Michel Barnier. Décidément, ce dernier va finir par vous reconnaître dans la salle…
J’arrête là, mais la preuve est faite que vous pourrez passer votre vie au chaud, confortablement calé dans les fauteuils des salles de conférences, à écouter la bonne parole servie par des « spécialistes es colloques en développement durable ».



Ces incessants séminaires et colloques sur le développement durable, organisés par des administrations ou des collectivités, et souvent financés par des grands groupes, ne cachent-ils pas finalement une difficulté de fond à agir et à changer ses pratiques ? Le fait d’y trouver en nombre des hauts-fonctionnaires ou des élus pose évidemment question. Dans le même temps, combien d’entre eux osent avouer un penchant pour la défense de l’environnement, alors qu’il est de bon ton – dans un certain milieu – de dénigrer les écologistes et leurs combats ? Combien osent remettre en cause ce qui leur a été enseigné dans leurs hautes écoles ? Les préjugés technocratiques se transmettent hélas de génération en génération et le fait d’être et de rester dans le rang est bien souvent la clé des carrières réussies et de réélections sans surprise.
Combien ont oublié qu’ils sont là pour défendre l’intérêt général et qu’ils doivent pour cela forcément se mettre à dos des lobbies économiques puissants, qui ne poursuivent pas ce même objectif ? Et que dire d’une fédération d’associations de protection de l’environnement, qui accepte de plus en plus souvent d’apporter sa caution à des campagnes de communication de grands groupes industriels ?
Avec ou sans le Grenelle, la révolution écologique reste à faire, d’abord dans les têtes…

Jetés en pâture au racisme hitlérien

Par ... :: dimanche 11 novembre 2007 à 23:12 :: Général

L’évocation des tirailleurs sénégalais ou malgaches fait d’abord penser à la première guerre mondiale, et ces jeunes enrôlés dans les colonies pour venir pourrir sur les champs de batailles de l’est de la France. On oublie parfois que la seconde guerre mondiale allait voir les enfants de ces malheureux reprendre le chemin de la France et de nouveau verser leur sang pour défendre les frontières françaises. 
De la sorte, les Français allaient placer des Noirs en première ligne contre l’armée des nazis.

affiche de propagande nazie 1940 : la "Faute de la France", mettre des Noirs à la tête de son armée...


Le livre de Raffael Scheck, qui vient d’être traduit en français (Une saison noire. Les massacres de tirailleurs sénégalais - mai-juin 1940 - éd. Taillandier) nous éclaire sur un épisode historique tombé dans l’oubli ou le non-dit. Dès le début de l’occupation, les tirailleurs allaient être les premières victimes des  exactions nazis en France.

Que se passe-t-il un peu partout en France ? Lorsque les soldats noirs sont faits prisonniers avec leurs collègues blancs ? Les allemands les trient et les exécutent, sous les yeux des autres soldats.
A Lyon, le 20 juin 1940, les tirailleurs sénégalais, qui auraient dû bénéficier du statut de prisonniers de guerre, sont hachés à la mitrailleuse et au canon des chars. Les blindés écrasent de leurs chenilles les morts et les agonisants. Au cours de cette journée, tous les tirailleurs africains faits prisonniers dans la région lyonnaise sont systématiquement abattus.  188 d’entre eux sont enterrés dans le cimetière sénégalais de Chasselay, au nord de Lyon. C’est aussi le cas de 27 Tirailleurs que les Allemands découvrent dans une colonne de prisonniers, montée de Balmont dans le quartier de Vaise (Lyon-nord). Ils sont alignés contre un mur et fusillés immédiatement
A l’autre bout de la France occupée, vers Rouen, 321 soldats noirs sont exécutés parce qu'ils sont noirs.

Cimetière des Sénégalais de Chasselay, au nord de Lyon


Pour Raffael Scheck, près de 3000 tirailleurs meurent ainsi dès les premiers mois de la guerre. Pour l’historien qui s’est particulièrement intéressé à la question, l’armée allemande n’avait pas de consigne stricte à ce sujet. Juste l’expression d’un racisme bien ancré chez les soldats (pas chez tous bien sûr, des contre-exemples sont cités). Voici comment les combattants issus des colonies françaises ont finalement été jetés en pâture au racisme hitlérien.

Un Africain à Paris...

Par ... :: vendredi 21 septembre 2007 à 16:46 :: Général

Petit exercice. Imaginons qu’un Africain ou un Malgache (par exemple) veuille venir passer un mois de vacances en France, chez un ami français. J’ai tenté de dresser la liste des formalités qui l’attendent. Excusez-moi si j’ai oublié quelques étapes. Question subsidiaire : combien d’heures de travail de fonctionnaires, de tonnes de papier, de m² d’archives ? de suspicion à tous les étages ?

1 – Obtenir un acte de naissance auprès de la mairie de son lieu de naissance. Si ce dernier est éloigné, cela peut prendre quelques jours de voyage à travers le pays, mais ne traînons pas car les formalités suivantes exigent toutes un acte de naissance récent

2 – faire établir par les autorités du pays d’origine une carte d’identité à partir de l’acte de naissance

3 - faire établir un passeport  à partir de l’acte de naissance, de la carte d’identité, de divers justificatifs : délai et coût variable...

4 – réserver un billet d’avion auprès d’une compagnie qui accepte d’annuler la réservation en cas de refus de visa ; souvent la compagnie exige le paiement alors que la réponse pour le visa n’est pas parvenue

5 – demander à l’ami en France une attestation d’accueil auprès de sa mairie ; ce dernier devra pour cela fournir une pièce d’identité, l’acte de propriété ou le bail de son habitation, des factures d’eau ou de téléphone, ses trois dernières fiches de paie, un timbre fiscal de 30 euros. De plus, un agent de la mairie pourra venir visiter son domicile et il doit venir se présenter physiquement en mairie,

6 – demander à l’ami français d’envoyer le plus vite possible l’attestation d’accueil remplie et signée par le maire, ainsi qu’une lettre d’invitation et une attestation de prise en charge : selon la qualité du courrier, le recours éventuel à un transporteur pourra être nécessaire (50 euros)

7 – souscrire un contrat d’assurance couvrant les frais médicaux et de rapatriement (60 à 100 euros environ)

8 – placer sur un compte au moins 700 euros par mois de présence en France et demander à sa banque un justificatif (je passe sur les pièces demandées pour l’ouverture du compte)

9 – retirer un formulaire de demande de visa touristique au consulat de France ; file interminable, personnel parfois agressif et hautain

10 – remplir le formulaire qui comprend 42 questions, portant entre autres sur les parents du demandeur, les autres demandes de visas les trois dernières années, les séjours antérieurs, le but du voyage, son financement…

11 - demander un rendez-vous au consulat pour apporter le dossier rempli et les nombreuses pièces jointes ; interrogatoire en français par l’agent consulaire et demande éventuelle de pièces complémentaires ; paiement des frais de dossier pour l’examen de la demande (60 euros, perdus même si le visa est refusé)

12 - retrait du visa au cas où il est accordé, en présentant les originaux des pièces du dossier ; le refus de visa est souvent annoncé devant les autres demandeurs, sans justification

13 - confirmer le vol auprès de la compagnie, s’il est encore temps, et payer le billet

14 - aller à l’aéroport en gardant toujours sur soi : le billet d’avion bien sûr, le passeport, les chèques de voyage (vérifiés à l’arrivée), l’attestation d’accueil, le carnet de vaccination…

15 – dans certains cas, contrôle des papiers par la gendarmerie française au pied de l’avion (accords entre pays)

16 – contrôle spécifique pour les étrangers à la sortie de la passerelle de l’avion, vérification des papiers, interrogatoire en français

17 – passage et contrôle au guichet de la police de l’air et des frontières

18 – passage de la douane, fouille

 

 

Le très utile livre "Bienvenue en France" évoque de nombreux étrangers parfaitement en règle qui finissent en centre de rétention car tel ou tel fonctionnaire français a eu un doute. Ses droits sont souvent rétablis après des heures et des jours de rétention et de démarches, mais ses bagages ont en général disparu.

 

Cette liste ne présente que les formalités pour passer quelques jours en France. Pour un étranger qui voudrait rester plus de trois mois en France, c’est une histoire bien plus longue… Vous pouvez vous reporter à l’histoire de Sara et Alain. Sara a mis 22 mois pour obtenir un titre de séjour, après visites médicales, x convocations, paiement de centaines d’euros de frais, taxes, timbres fiscaux… C'était avant les réformes qui ont alourdi les procédures.

 

 

Une dernière remarque : le français qui va à Madagascar peut retirer son visa à l'arrivée, dans l'aéroport. Il lui en coût une vingtaine d'euros.

 

 

 

Grenelle de l'environnement : par où commencer ?

Par ... :: lundi 10 septembre 2007 à 16:32 :: Général

Je ne sais qui a fait remarquer que l’une des décisions les plus exceptionnelles qui pourrait sortir du Grenelle de l’Environnement serait la suivante : respecter et faire respecter les lois existantes en matière d’environnement !

 

 

Dans n’importe quel coin de France, une courte promenade suffit pour se heurter à quantité d’infractions environnementales jamais poursuivies. Quittons n’importe quelle ville, même de petite taille. Dès la sortie, des rangées de panneaux et panonceaux publicitaires vous font une haie d’honneur. Une très grande majorité de ces panneaux est totalement illégale… La route qui vous conduit a été rénovée après 1998 ? Elle doit obligatoirement être dotée d’une voie cyclable (article 20 de la loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996) Ah bon ? Empruntons maintenant un chemin rural sympathique. Aussitôt, des motos vous croisent et un quad vous double. Tout aussi interdit par la loi…

 

Cette manie bien française de ne pas faire appliquer la Loi en matière d’environnement se retrouve à tous les niveaux. Elle pourrait même coûter cher à la France, qui, par exemple, risque une sanction de 300 à 400 millions d’euros pour ne pas avoir respecté la directive européenne sur le traitement des eaux, 42 millions pour son indécision sur les OGM et 40 millions d’euros pour avoir enfreint la réglementation sur la pollution des eaux par les nitrates, et ce depuis plus de trente ans ! La directive en question date… de 1975 !   Le détail dans ce rapport du Sénat

 

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