L'Appel d'Estelle

Par ... :: lundi 01 décembre 2008 à 22:13 :: Général

Je veux relayer ce message émouvant d'Estelle, une adolescente qui a surmonté un grave cancer.

 

« A tous ces anges partis trop tôt.

- Chaque jour, ils se sont battus, jusqu'au bout, ils étaient dans des chambres stériles, loin de leurs proches, ils croulaient sous les chimios, souffraient parce que les médicaments les rendaient malades, ils avaient mal.

- La vie quotidienne pour leurs parents était si dure, et maintenant que leur ange est parti, leur vie n'a plus de sens.

- Tant de souffrances, tant de déceptions, tant de larmes, tant de douleurs...
Et pourquoi ? Pour qu'une fois de plus le cancer gagne, pour qu'une fois de plus le cancer nous arrache un ange.

"Cette génération d'enfants est la première a être en moins bonne santé que ses parents (...) " dixit le directeur de l'UNESCO. Trouvez vous cela normal que des gens manipulent engrais chimiques et autres OGM sans AUCUN remords ? Trouvez vous cela normal que c'est dans les zones les plus industrialisées qu'il y a le plus de malades ? Trouvez vous cela normal qu'il n'y a que les associations pour aider les malades et leur famille ? L'Etat en fait-il assez ??? Pour empêcher des gens de faire des conneries avec des choses dangereuses ?Pour rattraper les erreurs en aidant les familles touchées par le cancer ? Cet article est là pour toucher du doigt le problème. Il est là pour faire pleurer les gens, pour qu'ils réagissent. Il est là parce que j'ai la rage du combat, parce que nous devons tous l'avoir pour les aider. Il est là parce que rien ne m'arrêtera, je veux devenir onco-hématologue. Il est là parce qu'ensemble nous avons le devoir de faire quelque chose. Le cancer peut toucher n'importe qui. Ensemble réagissons !

Hommage à tous ces anges partis bien trop tôt : Damien - Adeline - Thibaut - Enzo - Anton - Kathia - Marius - Chloé - Hemdy - Kenzo - Alexis - Marielle - Anthony - Mathieu - Céline - Mélissa - Dana - Justine - Dylan - Aurélien - Margaux - Julien - Valentina (comment t'oublier ?) - Rebecca (tumeur au cerveau) - Morgane, 18 ans (cancer de l'os + cancer des poumons) – Nicolas et tant d'autres, je n'ai pas eu besoin de chercher beaucoup....Trouvez vous normal que la liste soit si longue ? »

 

 

Non, Estelle, nous ne trouvons pas cela normal. Pas normal que le nombre de cancers ait augmenté de 63% en 20 ans et que l’on prévoit une hausse de 45% dans les 20 ans à venir. Pas normal que les pouvoirs publics permettent aux industriels de truffer leurs cosmétiques ou  produits d’entretien de molécules cancérogènes ou susceptibles de l’être. Pas normal que nos agriculteurs inondent leurs champs de pesticides, que l’on retrouve dans l’alimentation, mais aussi dans l’air, dans l’eau… Pas normal, et même inhumain et scandaleux au plus haut point.

C'est ton fils qui reviendra vainqueur ?

Par ... :: jeudi 24 juillet 2008 à 17:21 :: Général

Dans son blog (que j’ai mis en lien), Philippe Ibars nous présente un cahier d’écolier trouvé dans un grenier. Nous sommes en 1917. La jeune Eugénie remplit avec soin son cahier de poésie. On imagine qu’elle devait apprendre par cœur ces poèmes et que, de sa voix d’enfant, elle devait les réciter consciencieusement à son instituteur…

 

Tout d’abord, une description des Allemands.

 

                            

 

« Qu’est-ce qu’un boche ?

Tu veux savoir, enfant, ce qu’est ce monstre, un boche ?
Un boche, mon chéri, c’est l’être sans honneur,
C’est un bandit sournois, lourdaud, haineux, et moche,
C’est un croquemitaine, un ogre empoisonneur.

C’est un diable en soldat qui brûle les villages,
Fusille les vieillards, les femmes, sans remords,
Achève les blessés, commet tous les pillages,
Enterre les vivants et dépouille les morts.

C’est un lâche égorgeur des enfants, des fillettes,
Embrochant les bébés avec des baïonnettes,
Massacrant par plaisir, sans raisons… sans quartier

C’est l’homme, mon enfant, qui veut tuer ton père,
Détruire ta Patrie et torturer ta mère,
C’est le teuton maudit par l’univers entier. »

 

Et puis le portrait inverse, celui du Poilu français.

 

                            

 

« Qu’est-ce qu’un poilu ?

Tu veux savoir, Maman, ce que c’est qu’un poilu
Un poilu, chère mère est un brave anonyme,
Un monsieur tout le monde, un soldat résolu,
À faire son devoir pour son pays sublime.

C’est un X combattant, le nombre ou l’unité
Des plus humbles pioupious aux généraux stoïques,
L’universel Prénom des Français héroïques !
Qui luttent pour le droit, l’honneur, la liberté !

C’est une âme innombrable, une parcelle immense ?
D’un Grand tout immortel, ce Grand Tout qu’est
la France
Qui
se concentre en Lui, qui pénètre son cœur.

Un poilu c’est un gars qui ne craint pas les Boches
Qui sait vaincre ou mourir sans massacrer les mioches
Un poilu ?... C’est ton fils qui reviendra vainqueur. »

 

La soif du gain...

Par ... :: mercredi 09 juillet 2008 à 16:16 :: Général

"Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain..."

C’est beau comme le serment de l’ordre français des médecins, inspiré du célèbre serment d’Hippocrate.

 

Côté pile de la profession : je peux témoigner que des médecins n’hésitent pas à recevoir des personnes dépourvues de toute couverture sociale (ils sont des centaines de milliers dans ce cas) sans les faire payer et en leur fournissant même gratuitement des médicaments.

 

Côté face :  et la soif du gain ?

Depuis ces vingt-cinq dernières années, on ne peut pas dire que les médecins aient été particulièrement maltraités. Tandis que les généralistes n'étaient plus dérangés la nuit ou les week-ends, et que les nouveaux médecins s’entassaient au soleil et dans les grandes villes, leurs honoraires n’ont cessé d’être réévalués. Pour un généraliste, un peu moins de 6 euros la consultation en 1980, 22 euros aujourd’hui et sans doute bientôt 23 euros. Au final, un pouvoir d’achat en hausse, en moyenne, de 45% quand celui des enseignants, par exemple, chutait  dans le même temps de 25%.

Jusque là, cela traduit un choix politique de tous nos derniers gouvernements : valoriser les médecins libéraux, paupériser les fonctionnaires… Pourquoi pas… La santé n’a pas de prix.

 

 

Mais visiblement, tout cela n’était pas suffisant pour les principaux intéressés (à tous les sens du terme). Petite plongée maintenant dans les abysses des dépassements d’honoraires, eaux sombres desquelles on n’atteint visiblement jamais le fond.

Pour rappel, les médecins doivent choisir entre deux régimes principaux. Ceux qui choisissent le secteur 1 appliquent les tarifs réglementaires. Ceux qui choisissent le secteur 2 – s’estimant sans doute plus compétents que leurs collègues - peuvent appliquer des dépassements, qui ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.

Aucune indication sur les plaques des médecins, mais il est possible depuis peu de savoir s’ils sont en secteur 1 ou 2 en consultant le site ameli.fr. Quant à pouvoir consulter leurs tarifs en ligne, les clients – pardon – les patients doivent encore… patienter. Cela tombe bien car "payer et patienter" sont désormais les deux principaux rôles qui leur sont assignés.

 

Autant vous le dire, si vous cherchez un gynécologue ou un ophtalmologiste en secteur 1 dans une grande ville, vous pourrez vous lever tôt et réserver longtemps à l’avance. De même, il arrive bien souvent dans un hôpital ou une clinique, et même dans un département tout entier, qu’aucun chirurgien n’exerce en secteur 1. Plus de la moitié des femmes qui accouchent doivent payer un dépassement, alors que les soins liés à la grossesse et à la maternité sont théoriquement remboursés à 100%.  

 

Situation d’autant plus scandaleuse que les plus précaires – chômeurs, intérimaires, retraités… - doivent payer un prix fou s’ils veulent décrocher une mutuelle qui couvre au moins en partie ces dépassements. Bref, l’accès pour tous aux soins est bien mort dans la France de 2008...

 

Les dépassements, qui ne sont pas plafonnés, ne cessent d’augmenter. A Paris, les neurochirurgiens du secteur 2 demandent en moyenne trois fois le prix du secteur 1 ; les chirurgiens, ophtalmologues, gynécologues ou dermatologues environ deux fois le prix. A ce barème, les dépassements – qui ont doublé en quinze ans - ont fait exploser les revenus de ces professionnels de santé. A titre indicatif, les seuls dépassements peuvent  représenter un complément de revenu de 6.000 euros par mois pour un anesthésiste ou un chirurgien.  En fait, un spécialiste isolé dans un vaste secteur rural peut ressembler de loin à une poule aux œufs d’or. Est-ce un hasard si les ophtalmologues de Corrèze pratiquent un dépassement moyen de 100 euros ? La pratique du dépassement rapporte ainsi à un stomatologue lorrain un modeste revenu complémentaire de l’ordre de 24.000 euros par mois. Il doit être talentueux, cet homme !

 

Et comme les Caisses Maladie et l’Etat ferment les yeux avec beaucoup d’application, les médecins du secteur 1 se mettent eux aussi à pratiquer des dépassements, bien au-delà de ce que les conventions qu’ils ont signées ne leur permettent. Ainsi, la caisse primaire d’assurance maladie de Saône-et-Loire déplore que « 71,5% des dépassements pratiqués par les médecins du secteur 1 ne sont pas autorisés ». Dans la Drôme, 96% des généralistes facturent des dépassements d’honoraires non autorisés.

 

Si l’on n’était pas en France, mais dans un pays "pauvre", on parlerait sûrement de bakchich…

Touche pas à mon huile !

Par ... :: vendredi 30 mai 2008 à 16:05 :: Général

Quand on s’approvisionne dans les hypermarchés et les grandes surfaces, on ne sait pas bien ce que l’on mange. A moins de privilégier le bio, on se doute bien que les aliments proposés sont bourrés d’engrais chimiques et d’insecticides, mais toutes ces joyeuses substances sont sensées être parfaitement inoffensives…  Si au lieu d’avoir un label bio, on exigeait une mention en gros caractère du type « produit pollué », l’agroalimentaire prendrait certainement un peu plus en compte la santé humaine, mais en attendant…



Ce mois de mai nous a offert une nouveauté. Le canard enchaîné lève un coin du voile : pour une fois, nous allons savoir ce que nous mangeons ! Et ce n’est pas triste…
En effet, un grand groupe, spécialiste des oléagineux et propriété de Lesieur, s’est fait avoir. La cargaison d’huile de tournesol importée d’Ukraine était coupée avec l’huile moteur, ce dont elle s’est aperçu très tardivement, après avoir vendu son huile frelatée à plus d’une trentaine d’entreprises agroalimentaires. Le mal était fait, l’huile moteur était dans les rayons de nos chères (de plus en plus, d’ailleurs) grandes surfaces. Et que croyez-vous que fit la Répression des Fraudes, si prompte à sévir contre les baraques à frites et les petits vendeurs du marché ? Rien, car elle avait là affaire à des grands groupes. La commission européenne, grand défenseur des consommateurs devant l’éternel, a même autorisé la vente des aliments contenant moins de 10% d’huile ukrainienne. Et de théoriser sur le fait qu’un homme de soixante kilos pouvait avaler chaque jour 1,2 gramme d’huile frelatée (un quart de cuiller à café) sans danger particulier…

Miracle de la surveillance sanitaire : les plats préparés, les sauces, les conserves pollués restent en rayon. 200 références chez Carrefour, 40 références chez Auchan. Le consommateur français va devoir ingurgiter 5,6 tonnes de lubrifiant. Bon appétit !

 

Rendre leurs larmes aux gazelles

Par ... :: mardi 22 avril 2008 à 15:51 :: Général
Le déterrage. Je ne connaissais même pas ce mode de chasse, pratiqué tout au plus par quelques centaines de personnes en France. La perspective du prochain championnat de France vers Cluny, en Bourgogne, a attiré mon attention sur cette pratique. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’acculer un petit animal – en général un renard ou un blaireau – au fond de son terrier. Pendant que les chiens s’excitent devant le terrier et mordent leur proie,  les chasseurs s’excitent eux aussi : avec pelles et pioches, ils creusent la galerie. Cela peut durer des heures, jusqu’à ce que l’animal soit extirpé par des pinces et mis à mort. Le cas échéant, les petits trouvés au terrier sont également tués. On pourrait penser qu’une telle pratique est interdite par la Loi, qui punit les actes de cruauté envers les animaux. Il n’en est rien car il y a là "Tradition" et que devant la "Tradition", tout le monde est prié – code pénal en tête – de s’incliner bien bas.
Il n’est qu’à regarder un groupe de « déterreurs » pour voir s’incarner sur leurs sourires tout ce qu’une "Tradition" peut charrier de scories crasseuses. Portraits.

                     

Qui leur rendra leurs larmes ? Louis Massignon fait allusion à ce cri, prêté à une sainte, pour écrire cela : « Je ne pense pas que la gazelle qui, forcée à la course, s'agenouille et pleure, soit insensible. A elle aussi, je crois qu'on "rendra des larmes". Je me souviens de ma dernière chasse : vexé d'avoir raté quelques proies, je visai et tuai une alouette, et sa chute me déchire encore le cœur... »

Les OGM et les clones

Par ... :: vendredi 18 avril 2008 à 18:14 :: Général

Un mot sur la loi en train d’être votée sur les OGM. Pour reprendre les mots d’un député UMP, cette loi va permettre « une mise en culture rapide et massive des OGM en France ». Il ne nous avait pas semblé que le Grenelle de l’environnement, et les propos sarkoziens de l’époque, allaient dans ce sens.


Si cela n’était pas si grave et irréversible, on pourrait rire de la désolante image qu’ont donnée nos parlementaires d’eux-mêmes. A part une poignée d’entre eux qui ont étudié la question, la plupart ont sagement suivi le mot d’ordre de leurs présidents de groupe. Les sénateurs UMP avaient même pour consigne de voter systématiquement contre tout amendement, hormis celui de Monsieur Bizet, fer de lance pro-OGM au Sénat. C’est ce que le même député appelle « l’activisme forcené de la FNSEA et du lobby pro-OGM ». En votant aux élections législatives, nous ne pensions pourtant pas participer à des élections professionnelles agricoles… Il y a quelques jours, le député de notre coin était pris à partie par des manifestants, posant devant sa permanence avec des banderoles du type : « Notre député a voté pour les OGM ». Refusant d’engager le débat de vive voix, ce dernier fait paraître un long communiqué argumentant son vote. On y apprend par exemple que la loi offrira la possibilité de produire avec ou sans OGM. Sachant que produire sans OGM est une activité autorisée depuis environ 10.000 ans avant J.C., tout l’intérêt de la loi aurait été d’interdire la production avec OGM (laquelle est encore ultra marginale : 0,75% du maïs planté)... ce que les Français réclament très majoritairement. Mais le plus grave, c’est que l’on trouve le même texte, les mêmes mots et expressions sur de nombreux blogs et sites de députés UMP. Autrement dit, c’est un « copier-coller ». Pour nous défendre des OGM, une armée de clones ?


Liste des députés de l’UMP qui ont voté contre la loi sur les OGM : Jean-François Chossy, Dino Cinieri, René Couanau, François Grosdidier, Christophe Guilloteau, Jacques Le Nay, Damien Meslot, Yves Nicolin, Daniel Spagnou et François Vannson
.

SOS bébés à Clamecy

Par ... :: lundi 31 mars 2008 à 15:28 :: Général
Le dépeçage du Morvan continue.
Lundi 31 mars est la date choisie par le gouvernement pour fermer la maternité de Clamecy dans la Nièvre. Quelle faute a commise cette maternité ? Elle ne faisait naître qu’un peu plus de 200 bébés par an, un nombre insuffisant pour les comptables qui gèrent désormais la vie publique.

L’avancée du désert médical dans le massif central se poursuit donc. A Clamecy, toute la population s’est révoltée contre la fermeture de maternité, structure à taille humaine avec une équipe humaine et disponible.
De très nombreux maires ont pris des arrêtés ressemblant à cela :
Article 1 : Considérant que la décision actuelle met en situation d’insécurité, menace l’intégrité physique et ne garantit pas les conditions de survie de l’enfant à naître sur le Haut Nivernais, il est interdit à toute femme de la Commune de procréer.
Article 2 : Les femmes enceintes devront quitter le territoire communal dès le 31 mars 2008.
Article 3 : Des panneaux d’interdiction seront mis en place à l’entrée du village et des hameaux.



Rien n’y fait et dans le jargon technocratique du ministère, la maternité souffrait sans doute d’une «approche médico économique particulièrement défavorable ».
Pour les mamans, l’approche consiste maintenant à devoir accoucher à 60 ou 70 km de chez elles, soit un trajet de plus d’une heure. Certes, le ministère de la santé a tout prévu, à savoir une « antenne SMUR ». Le directeur de cabinet précise : «le véhicule, le matériel et le prestataire de service seront opérationnels dès le 27 mars ; l’organisation médicale et paramédicale est prête et les moyens de communication sont fonctionnels». Nous voilà rassurés, le téléphone fonctionne. Mais il faut savoir que dans une maternité comme celle d’Autun - à une autre extrémité du Morvan - environ 5% des naissances se déroulent dans les 30 minutes suivant l’admission… Sans parler des pères, grands frères ou grandes sœurs qui ne pourront plus accompagner les mamans dans ces moments si particuliers dans la vie d’une famille…

      

Les jeunes parents de la Nièvre ont la nette impression d’être méprisés par les responsables du pays et d’être, en première ligne, les victimes de la violence de l'Etat contre son territoire rural.

La Poste bancale

Par ... :: vendredi 21 mars 2008 à 17:35 :: Général

Privatiser, puis détruire.
En 2006, les activités financières de La Poste sont devenues la Banque Postale. Une banque comme les autres, à égalité avec ses concurrentes, dans les règles communes du marché. Le site institutionnel de cette nouvelle banque se voulait rassurant : « Pour nos clients, leurs interlocuteurs habituels, le Bureau de Poste et le Centre Financier, ne changent pas. ».
Pas si évident que cela, si l’on en croit  le récent rapport remis par la Cour des Comptes aux députés. Que disent ces éminents fonctionnaires ? Ils estiment que « les bureaux de poste constituent un handicap concurrentiel pour la Banque Postale » et préconisent « un réseau resserré ». En décodé, il s’agit tout simplement de fermer des bureaux de poste dans tout le pays pour réduire le personnel, faire des économies et améliorer la rentabilité de la banque. Que cela contribue à renforcer la désertification des espaces les moins peuplés et à priver des millions d’habitants d’un service de proximité ne les gêne pas plus que cela.


Dans le même ordre d’idée, ces grands juges s’inquiètent que la Banque Postale ne devienne la banque des « populations à risques ». Dans le jargon de la cour des c… , il faut comprendre « pauvres ».

Tristes sires qui - payés par nous autres citoyens pour préserver l’intérêt général et veiller à l’égalité et la fraternité entre tous - en arrivent à préconiser de fermer à tour de bras les bureaux de poste pour améliorer la rentabilité d’une banque. Pauvres types qui – payés par le peuple – se plaisent à tant le mépriser.

post-scriptum : le réalisateur ardéchois Christian Tran a consacré un film à cette disparition programmée des bureaux de poste dans le massif central : "Poste restante"
"Albon ... ! 165 habitants au cœur du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche... une mairie... une école publique... une poste...oui, mais une poste ‘’restante’’, une poste qui n’a plus lieu d’être, une poste qui coûte cher, une poste ‘’cible’’ de l’aménagement du territoire et de la restructuration du service public"
 

L'Etat n'a pas été correct avec moi !

Par ... :: dimanche 27 janvier 2008 à 4:54 :: Général

« Dites bien que l'Etat n'a pas été correct avec moi ! »

Telles sont les paroles confiées à un journaliste du Monde en 2005 par Louis de Cazenave, l’avant-dernier « poilu » encore en vie, qui vient de s’éteindre à Brioude à l’âge de 110 ans.

« Dites bien que l'Etat n'a pas été correct avec moi ! »

Telles sont les paroles laissées aux générations futures par ce très vieil homme qui avait connu – comme des centaines de milliers d’autres jeunes hommes – l’horreur absolue des champs de bataille.

 

Louis de Cazenave avait refusé – au cas où il serait le dernier poilu à mourir – toute idée d’obsèques nationales. Il ne s’était jamais rendu aux cérémonies du 11 novembre à Paris. Le grand âge ne lui avait pas fait oublier le sort funeste et révoltant réservé à sa génération. Il déclarait : « Je ne vois pas pourquoi j’aurais une médaille, alors que les camarades là-bas n’ont même pas eu droit à une croix de bois ».

Il avait compris, bien mieux que tant de « grands hommes » dont nos avenues portent le nom, ce que le mot « fraternité » voulait dire : « Il faut avoir entendu les blessés entre les lignes. Ils appelaient leur mère, suppliaient qu'on les achève. C'était une chose horrible. Les Allemands on les retrouvait quand on allait chercher de l'eau au puits. On discutait. Ils étaient comme nous, ils en avaient assez. ». Que Louis, plus que tout autre, repose en PAIX.

 

Monument aux morts de Gentioux, dans la Creuse : "Maudite soit la guerre"

 

 Monument aux morts de Strümpfelbach, en Allemagne : "Nie wieder Krieg ! ", plus jamais la guerre...

Développement durable... des colloques

Par ... :: jeudi 17 janvier 2008 à 23:19 :: Général
Si vous en avez l’envie, le temps et les moyens, vous pouvez passer votre vie de colloque en colloque en séminaire, et de congrès en forums sur le développement durable.
J’ai dressé pour vous un agenda du début de l’année.
Le 15 janvier, vous serez à Grenoble pour savoir « pourquoi et comment engager une entreprise sur la voie du développement durable ». Le lendemain, le 16, vous serez à Paris pour une « conférence sur l'adaptation au changement climatique » proposée par la Caisse des Dépôts, qui gère 200.000 hectares de forêts et pourrait par exemple les certifier FSC. Le 17 janvier à Avoriaz, un grand forum international soutenu par la Banque Populaire : «Les stations de montagne s’engagent pour la planète », lesquelles pourraient par exemple arrêter de faire la promotion des quads et des motoneiges. Le 18, vous pourrez vous reposer et vous préparer au colloque du lendemain : « Quel aménagement durable du territoire alsacien ? ».



Vous avez passé une bonne semaine ? On continue.
Lundi 21, vous êtes de retour dans la capitale pour le colloque « Certification en agriculture : de l'engagement individuel à une démarche collective » en présence de Michel Barnier, Luc Guyau, du président de la coopérative Champagne Céréales et du secrétaire national de France Nature Environnement. La semaine commence mal, je vous l’accorde !
Le 22, vous serez des  « Rencontres sur l'avenir des déchets en Ile-de-France ». Je crois aussi que les déchets ont de l’avenir, et pas seulement en Ile-de-France… Le 23, vous restez à Paris pour un colloque sur « Les enjeux sanitaires de la production agricole » où vous rencontrerez, outre deux directeurs de la Commission Européeenne, de grands pourfendeurs des pesticides, comme les PDG de Bayer et du Groupe Bonduelle, le directeur des achats de Nestlé ou encore… Michel Barnier. Décidément, ce dernier va finir par vous reconnaître dans la salle…
J’arrête là, mais la preuve est faite que vous pourrez passer votre vie au chaud, confortablement calé dans les fauteuils des salles de conférences, à écouter la bonne parole servie par des « spécialistes es colloques en développement durable ».



Ces incessants séminaires et colloques sur le développement durable, organisés par des administrations ou des collectivités, et souvent financés par des grands groupes, ne cachent-ils pas finalement une difficulté de fond à agir et à changer ses pratiques ? Le fait d’y trouver en nombre des hauts-fonctionnaires ou des élus pose évidemment question. Dans le même temps, combien d’entre eux osent avouer un penchant pour la défense de l’environnement, alors qu’il est de bon ton – dans un certain milieu – de dénigrer les écologistes et leurs combats ? Combien osent remettre en cause ce qui leur a été enseigné dans leurs hautes écoles ? Les préjugés technocratiques se transmettent hélas de génération en génération et le fait d’être et de rester dans le rang est bien souvent la clé des carrières réussies et de réélections sans surprise.
Combien ont oublié qu’ils sont là pour défendre l’intérêt général et qu’ils doivent pour cela forcément se mettre à dos des lobbies économiques puissants, qui ne poursuivent pas ce même objectif ? Et que dire d’une fédération d’associations de protection de l’environnement, qui accepte de plus en plus souvent d’apporter sa caution à des campagnes de communication de grands groupes industriels ?
Avec ou sans le Grenelle, la révolution écologique reste à faire, d’abord dans les têtes…

Copyright © 2006 Blog d'automne - Blog créé avec ZeBlog.com