FACIT INDIGNATIO VERSUM
Ma libre expression, sans ordre, sans logique, comme elle vient...
Promouvoir la sylviculture intensive peut parfois réserver des déconvenues... Ainsi, lorsque les élus du conseil général de la Loire ont découvert l'avertissement figurant en préambule du dernier film d'Eric Roehmer (Les amours d'Astrée et de Céladon), leur sang n'a fait qu'un tour. Que pouvait-on lire à l'écran ? Ceci : "Malheureusement, nous n'avons pu situer cette histoire dans la région où l'avait placé l'auteur, la plaine du Forez étant maintenant défigurée par l'urbanisation, l'élargissement des routes, le rétrécissement des rivières, la plantation de résineux". Ni une, ni deux, ces élus - si prompts par ailleurs à dénoncer la judiciarisation de la vie publique lorsqu'ils en sont les victimes - ont immédiatement assigné en référé le producteur du film pour dénigrement. Le conseil général de la Loire vient d'être débouté par le tribunal de grande instance de Monbrison.
Les élus du Morvan devraient toutefois méditer quelque peu cet exemple. A vouloir caresser dans le sens du poil quelques propriétaires influents et leurs prestataires, ne mettent-ils pas à mal l'image même du massif et son potentiel touristique ? A moins qu'en persistant dans le soutien aux plantations de douglas et aux coupes rases, ils ne pensent spécialiser le Morvan dans le tournage des films d'horreur ?

Hôtel, film de Jessica Hausner (2004)