FACIT INDIGNATIO VERSUM
Ma libre expression, sans ordre, sans logique, comme elle vient...
L’évocation des tirailleurs sénégalais ou malgaches fait d’abord penser à la première guerre mondiale, et ces jeunes enrôlés dans les colonies pour venir pourrir sur les champs de batailles de l’est de la France. On oublie parfois que la seconde guerre mondiale allait voir les enfants de ces malheureux reprendre le chemin de la France et de nouveau verser leur sang pour défendre les frontières françaises.
De la sorte, les Français allaient placer des Noirs en première ligne contre l’armée des nazis.

affiche de propagande nazie 1940 : la "Faute de la France", mettre des Noirs à la tête de son armée...
Que se passe-t-il un peu partout en France ? Lorsque les soldats noirs sont faits prisonniers avec leurs collègues blancs ? Les allemands les trient et les exécutent, sous les yeux des autres soldats.
A Lyon, le 20 juin 1940, les tirailleurs sénégalais, qui auraient dû bénéficier du statut de prisonniers de guerre, sont hachés à la mitrailleuse et au canon des chars. Les blindés écrasent de leurs chenilles les morts et les agonisants. Au cours de cette journée, tous les tirailleurs africains faits prisonniers dans la région lyonnaise sont systématiquement abattus. 188 d’entre eux sont enterrés dans le cimetière sénégalais de Chasselay, au nord de Lyon. C’est aussi le cas de 27 Tirailleurs que les Allemands découvrent dans une colonne de prisonniers, montée de Balmont dans le quartier de Vaise (Lyon-nord). Ils sont alignés contre un mur et fusillés immédiatement
A l’autre bout de la France occupée, vers Rouen, 321 soldats noirs sont exécutés parce qu'ils sont noirs.

Cimetière des Sénégalais de Chasselay, au nord de Lyon
Pour Raffael Scheck, près de 3000 tirailleurs meurent ainsi dès les premiers mois de la guerre. Pour l’historien qui s’est particulièrement intéressé à la question, l’armée allemande n’avait pas de consigne stricte à ce sujet. Juste l’expression d’un racisme bien ancré chez les soldats (pas chez tous bien sûr, des contre-exemples sont cités). Voici comment les combattants issus des colonies françaises ont finalement été jetés en pâture au racisme hitlérien.