FACIT INDIGNATIO VERSUM
Ma libre expression, sans ordre, sans logique, comme elle vient...
La guerre menée par la France pour conquérir Madagascar en 1895 a fait l’objet de nombreux ouvrages, glorifiant pour la plupart l’œuvre de l’armée française et des colons. La « bibliothèque malgache » réédite peu à peu sous forme de e-books gratuits certains de ces ouvrages souvent foncièrement racistes :
L’iconographie de la presse populaire française offre aussi un aperçu de l’état d’esprit qui prévalait en 1895.

Du côté des responsables politiques, rappelons-nous de ces paroles à l’Assemblée Nationale de Jules Ferry, dont tant d’écoles ou de rues portent encore le nom en France : « Ce qui manque à notre grande industrie, ce qui lui manque de plus en plus, ce sont les débouchés (...) Il y a un second point que je dois aborder (...) c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question (...) Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu'il y a pour elles un droit parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures (...) »

Débarquement des Français à Majunga - 1895
Ce devoir allait donc passer par l’attaque de Madagascar, état souverain dirigé alors par la reine Ranavalo III. On découvre alors un autre son de cloche grâce à de rares documents moins officiels. Pour preuve cette correspondance d’un militaire du corps expéditionnaire de Madagascar : "Je viens d’arriver à Tananarive. Je n’ai fait que marcher et être sur le qui-vive ; les fonctionnaires civils ont si bien manoeuvré que toute la province est soulevée. Le convoi dont je faisais partie a été attaqué pendant 3 jours par 1400 rebelles...53 tués...nous avons du brûler leurs villages. Ici, même les colons trouvent bien triste la façon dont nous sommes gouvernés ; tout ce que l’on envoie en France sur Madagascar est mensonge. On n’ose plus circuler sur les routes… ». Histoire officielle contre histoire des hommes.