FACIT INDIGNATIO VERSUM
Ma libre expression, sans ordre, sans logique, comme elle vient...
Les premières bribes du rapport de la commission Attali sur la croissance apparaissent déjà comme un plaidoyer pour la décroissance.
Quelles idées lumineuses nous proposent Attali et ses collègues ?
Un exemple : faciliter encore l’implantation de grandes surfaces aux abords des villes. Il s’agit hélas du mode de commerce le plus débile du point de vue environnemental. Cela consiste en effet à forcer chaque habitant à déplacer son véhicule – plus d'une tonne d’acier à mouvoir – vers un lieu distant pour le remplir de quelques kilogrammes de marchandises et revenir chez lui. Les marchandises en question - produits d’une industrie agroalimentaire délirante - ayant fait des milliers de kilomètres en camion ou en avion avant d’arriver en grande surface. Bref, le pire du pire, alors qu’il faudrait favoriser les circuits courts, les commerces proches des habitations, voire la livraison à domicile.
La commission se devant de sauver les apparences écologiques, elle suggère aussi de créer dix villes de 50.000 habitants qui seraient des « éco-villes ». Comme l’ont fait remarquer pernicieusement les Verts, ne pourrait-on pas déjà rendre écologiques les villes existantes ? L’idée fait un peu « réserve d’indiens » - le rapport parle même de « laboratoires écologiques ». On ne sait pas d’ailleurs si les 500.000 cobayes parqués dans ces dix villes travailleront sur place ni ce qu’ils y feront ?
Enfin, la commission conclue que le principe de précaution est un frein majeur pour la croissance. Expérimentons sans limite, faisons avancer les technologies même si les conséquences pour l’homme ou son environnement restent inconnues. Continuons à gaver les habitants de toxiques en tout genre… Les firmes chimiques disent merci, les mangeurs de poissons du Rhône ou de bananes des Antilles peuvent mourir, la croissance est sauvée.

Pour les membres de la commission Attali, la croissance est un chiffre, le Produit Intérieur Brut, qui doit monter. Que cela détruise la planète ou rende malades les hommes qui la peuplent, peu leur chaut. Au contraire, augmenter le nombre de malades et la gravité de leurs maladies pourrait même doper cette croissance !
Adressons nos sincères remerciements à ces « grands experts », qui nous démontrent - malgré eux -combien la recherche de la croissance conduit à l’absurde, et par là-même nous confirment dans l’idée que tout ce qui nuit à l’homme et à sa planète doit décroître au plus vite.