Ingres, Symphorien, Autun

Par ... :: vendredi 12 octobre 2007 à 21:26 :: Autun et le Morvan

Le tableau d’Ingres dans la cathédrale d’Autun passe souvent inaperçu, sur un mur peu éclairé de l’édifice.
La scène représente le martyre de Symphorien. Nous sommes en 179 ; cela ne nous rajeunit pas. Entre cultes romains et foi chrétienne, les Autunois ne se sont pas encore fait une religion. Dans la toute récente Augustodunum, se côtoient des gens d’origine et de culture très variées. L’auréole étant à l’époque un attribut héréditaire, Saint-Symphorien est le fils de Saint-Fauste et de Sainte-Angusta. Cette famille fait partie de la toute petite minorité chrétienne de la ville. Alors que l’on fête dans les rues la déesse Cybèle, Symphorien – emporté par la fougue de ses vingt ans – se fait remarquer bruyamment. Et il se trouve que les adeptes du culte de Cybèle, promettant eux aussi le salut après la mort, n’apprécient qu’assez peu la concurrence. N'ont-ils pas très récemment torturé à Lyon et à mort la jeune Blandine et le vieux Pothin ? Toujours est-il que pour les vauriens ennemis de Symphorien, la foi du saint ne vaut rien ! Conduit au supplice, sa mère, du haut des remparts, lui aurait crié, entre autres : « aujourd’hui, ta vie n’est pas détruite, elle est changée en une vie meilleure » ; avant que l’implacable glaive ne fasse taire définitivement le jeune rebelle.

 

         

Voici brossé le tableau. Celui d’Ingres, accroché dans la cathédrale d’Autun, mesure très exactement 4,07 m sur 3,39 m ; soit plus que les superbes panneaux publicitaires qui embellissent nos entrées de ville… Sa taille l'empêcha d’ailleurs d'être retenu dans le cadre de la grande exposition que le Louvres a consacré à Ingres en 2006. C’est pourtant une des œuvres majeures de Jean Auguste Dominique Ingres, connu aussi pour son fameux violon. Le peintre consacra plus de dix ans à ce projet, multipliant les croquis, venant à Autun étudier l’architecture locale… Aussi, lorsque son tableau, exposé en 1834, fut étrillé par la critique, il quitta la France avec fracas pour l’Italie et un exil de six années. Le Symphorien d’Ingres est alors peu à peu tombé dans un certain oubli, comme le mot de Théophile Gauthier à son propos : "c'est la plus belle fresque qu'il soit possible de voir".

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