FACIT INDIGNATIO VERSUM
Ma libre expression, sans ordre, sans logique, comme elle vient...
La famille d'Ivan ne le savait pas, jusqu'au drame. Ils étaient sur la liste des 25.000 expulsions d'étrangers programmées pour 2007. Les politiques et les médias (il va falloir s'habituer à ce rapprochement) veulent nous faire croire que les sans-papiers sont tous des familles entassées dans les immeubles sordides des marchands de sommeil. En réalité, les personnes qui font l'objet de procédures d'expulsion sont souvent bien intégrées. Les élus locaux qui parfois soutiennent la politique du gouvernement seraient surpris de découvrir que les sans-papiers font partie des gens qu'ils rencontrent au quotidien. Ils sont souvent engagés dans les associations ; ils sont en France depuis de longues années. Leurs enfants sont parfois les premiers de classe... Mais voilà, on a fixé et ressassé un objectif : 25.000 ! Et lorsque les fonctionnaires ont du mal à atteindre le chiffre fatidique, ils sont enclins à verser dans la facilité. Les réfugiés Tchétchénes constituent une proie facile pour remplir les charters. Est-ce dû à l'amitié qui prévaut entre les gouvernements français et russes ? Beaucoup de Tchétchènes se sont vu refuser le droit d'asile. Et puis, mieux vaut expulser une famille entière qu'un homme isolé : cela fait 5 ou 6 au compteur au lieu d'1. Et surtout le faire en août pour que les enseignants et les parents d'élèves ne puissent pas faire barrage à leur arrestation. Les familles les mieux intégrées sont aussi en général celles qui ont fait des démarches, réunissant toutes les conditions pour être régularisées... Grâce aux dossiers qu'elle leur a fait remplir, l'administration connaît tout d'eux... La police sait où les arrêter au petit matin. La famille d'Ivan croyait avoir laissé derrière elle le harcèlement policier et militaire. Elle croyait trouver refuge en France. Devant un tel gâchis, nous sommes nombreux à être en colère.

Ivan