FACIT INDIGNATIO VERSUM
Ma libre expression, sans ordre, sans logique, comme elle vient...
Le "Grenelle de l’environnement" a débuté ses travaux.
Un certain nombre de sujets qui fâchent ne feront pas partie de l’ordre du jour. Des associations importantes ont été écartées, tandis que d’autres – quasi inconnues – sont autour de la table. Une fois passées ces constatations, cette réunion au plus haut niveau est l’occasion de se demander pourquoi l’environnement n'a jusqu’à présent jamais réussi à devenir une priorité dans les actes et dans les lois…

juste avant la chute...
Le poids des lobbies économiques est évidemment un frein majeur. Dès qu’une loi est envisagée, contraignant quelque peu des activités économiques, les lobbies montent au créneau et consacrent à leurs actions de communication et de propagande des budgets que l’Etat est bien incapable d’offrir à l’Ademe ou au ministère de l’environnement.
Enfin, lorsqu’une loi est finalement votée, elle est souvent constamment bafouée. Ce n’est la priorité ni de la police, ni de la justice, ni de l'Etat. Que vaudrait un code de la route sans gendarme ni radar ?
Les participants du Grenelle de l’environnement ont connu une première surprise. Ils ont été rejoints par un groupe dit « de personnes morales associées », non prévu initialement, qui sent à plein nez le lobbying... C’est un grand classique des colloques, tables rondes et autres séminaires organisés depuis des décennies par l’Etat ou par les collectivités locales. On place autour de la table des militants écologistes – en général bénévoles et rarement défrayés de leurs frais de déplacement – et des professionnels des filières économiques concernées, payés - eux - pour distiller la « bonne parole ».
Au fur et à mesure des débats, les écologistes sont bien souvent savamment isolés, puis incidieusement dénigrés par les organisateurs des débats. Les fonctionnaires ou les élus présents – qui devraient en principe défendre l’intérêt général – ne prennent pas partie dans les débats...
Je ne parle pas là des « bons » écologistes qui ne représentent qu’eux-mêmes et que l’on retrouve souvent dans toutes les commissions imposées par la loi : la « souplesse » de leurs convictions assure leur succès jusqu’à un âge avancé…
Force est de constater que dès qu’un écologiste propose une contrainte légale, il se fait traiter d’intégriste ou de sectaire ; et dans tous les cas, il se retrouve bien seul ! Et la machine à effet de serre continue de tourner comme si de rien n’était. Pour reprendre une réplique de la pièce de théâtre « Fin de terre » qui a été jouée à Autun l’automne dernier,: « Devant l’évidence des dangers, vous vous êtes agités et vous avez feint de prendre des décisions jamais appliquées pour ne pas léser les intérêts des uns et des autres. Vous avez calmé les foules inquiètes, d’abord à coup de grand-messes et de proclamations, puis vous avez fini par les faire taire à coups de trique ».

Pourtant, il faudra bien en passer par la contrainte. Doit-on autoriser l’exportation de brins de muguet par avion (vu à la télé) ? Doit-on autoriser les publicités qui vantent les herbicides ou les climatiseurs ? Ne doit-on pas exclure de l’alimentation et de l’environnement les produits chimiques dangereux pour l’homme ? Interdire les emballages non recyclables ? Interdire l’élevage industriel sur caillebotis ?
J’arrête là. Tant d’interdictions en perspective vont faire blêmir les libéraux...
Une contrainte environnementale lèse toujours une activité économique. Mais à vouloir ne léser personne, c’est l’intérêt général qui est bafoué et l’avenir de l’humanité toute entière qui se trouve compromis.