FACIT INDIGNATIO VERSUM
Ma libre expression, sans ordre, sans logique, comme elle vient...
Hasard de l'actualité et étrange unité de lieu. Les eaux du large de Malte ont vu en peu de temps voguer un presque président et se noyer des presque immigrés : des hommes et des enfants morts après les souffrances de l'on imagine. Fortuitement, la rencontre entre le Nord et le Sud s'est faite là, au large de Malte.
Bolloré offre un voyage sur son yacht au président ; cela peut paraître anecdotique. L'amitié n'appelle pas de justification. Toutefois, lorsqu'un homme politique compte parmi ses amis tant de patrons du CAC 40 et des médias, on s'interroge et l'on se dit que les lois du hasard sont un peu pipées. La croisière ne nous a rien coûté, nous dit-on... Mais nous savons désormais que c'est vraisemblablement en achetant notre pain ou nos pâtes en 2008 que nous tous contribuerons à financer le bouclier fiscal dont ne manquera pas de bénéficier un Bolloré. Rien que le terme "bouclier" prouve dans quelle estime ceux qui nous gouvernent placent l'impôt, créé aussi pour réparer les injustices sociales et pour éviter que ne se bâtissent des générations de rentiers...

Revenons à Bolloré et le groupe qu'il dirige. Un nom qui n'est pas inconnu des connaisseurs de l'Afrique. Grand profiteur de la filière bois françafricaine - plusieurs fois condamné d'ailleurs pour des exploitations illégales de la forêt tropicale, grand profiteur aussi de la politique de libéralisation des services publics commanditée par la Banque Mondiale ou le FMI. Le vice-président du groupe Bolloré illustre à lui seul ce qu'est la Françafrique. Ne fut-il pas successivement n°2 de la DGSE, directeur de la Générale des Eaux, directeur de cabinet de Jacques Chirac, ministre de la coopération, "monsieur Afrique" du MEDEF, administrateur d'une compagnie minière au Gabon... Dans ce domaine, la rupture n'est pas de mise. Devinerez-vous quel chef d'état étranger notre nouveau président a rencontré sept fois en trois ans, et qui fut reçu quelques jours seulement après son investiture à l'Elysée ? Un certain Omar Bongo...

dessin togolais relatif à Bolloré
On a pu lire en 2006 dans un hommage journalistique au capitalisme néocolonial français que les entreprises comme Bolloré "ne pouvaient plus se contenter de créer un ilôt de prospérité dans un océan de misère". Mais ne doit-on pas se demander si ce n'est pas l'océan qu'elles contribuent à créer.
Nicolas Sarkozy estime lui que Vincent Boloré "fait honneur à l'économie française" et "souhaite pour l'économie française beaucoup de Vincent Bolloré". Une chose est sûre, Monsieur le Président, je préfère mes modèles aux vôtres ; et mes amis aux vôtres... Vogue la galère !