FACIT INDIGNATIO VERSUM
Ma libre expression, sans ordre, sans logique, comme elle vient...
J’aurais aimé changer de sujet, mais les autorités françaises ne me laissent pas le choix… Depuis quelques années, la chasse aux sans-papiers se résume donc par un objectif chiffré – 25.000 expulsions par an – qui s’impose aux Préfets et aux services de police. Puisque l’objectif est statistique, les autorités en charge du sale boulot ont vite compris qu’ils avaient tout intérêt à « rentabiliser » leurs méthodes. L’expulsion des familles fut la grande nouveauté de 2006 : en coffrant « en bloc » des parents et leurs enfants, cela permettait d’expulser toute une famille et de marquer 4 ou 5 points sur les 25.000 à atteindre. L’exercice s’est avéré plus compliqué que prévu car des citoyennes et citoyens français – outrés de voir des policiers venir arrêter des écoliers à l’école ou des enfants en centre de vacances – ont pris leur courage à deux mains (l’aide aux sans-papiers est désormais passible de prison) pour prendre la défense de ces familles. C’est le cas du Réseau Education Sans Frontières.
Tract distribué aux passagers d'un avion lorsqu'un ou une expulsé(e) est dans l'avion
Dans le même temps, se sont développées en région parisienne des rafles : « arrestation en masse faite à l’improviste par la police ». La technique consiste à boucler un quartier à forte population étrangère, à contrôler celles et ceux qui ont la peau foncée, à remplir des bus de avec celles et ceux qui ne peuvent présenter de papiers, direction le centre de rétention. La CIMADE tient une comptabilité précise de toutes ces rafles dans ses rapports. Le summum de la lâcheté a sans doute été atteint ce mardi 30 janvier, Place de la République à Paris. A 19 heures, débarquent de 8 à 10 fourgons. Les policiers, trois par trois, contrôlent toutes les personnes « visiblement étrangères » en sortie des bouches de métro. Très vite, vingt présumés « sans-papiers » sont embarqués. Pourquoi à cet endroit et à cet horaire ? Tout simplement parce que les mardis, jeudis et samedis, l’association Restos du Cœur organise une distribution de 400 repas environ. La rafle avait justement été exécutée sur réquisition du Procureur qui avait ordonné des contrôles Place de la République précidément entre 19 h et 23 heures. La même infamie s’était déjà produite au même endroit il y a quinze jours. Voilà où l’on en est : utiliser les Restos du Cœur pour piéger des sans-papiers. Oui, avec ces gens là au pouvoir, tout est déjà possible…
