FACIT INDIGNATIO VERSUM
Ma libre expression, sans ordre, sans logique, comme elle vient...
En ce 11 novembre, j’ai une pensée pour ces milliers de Malgaches que la France a tiré de leur pays pour en faire de la chair à canon – en particulier en 1917, lorsque celle-ci se faisait rare de par chez nous. Ils ont vécu le même cauchemar que les Français, la même guerre imbécile, avec semble-t-il une certaine propension à être placés en première ligne…
Sur 41.000 poilus Malgaches, plus de 10.000 sont morts sur le sol français.
Une fiche militaire parmi des milliers d’autres : celle de Rafaralahmboa, né en 1899 à Ambabotra. Et mort en 1918, en plein été, à 19 ans, dans la Marne. Blessures de guerre.

Les noms Malgaches peuplent les cimetières militaires française.
Cimetière des Pins Francs à Bordeaux : RABEMANANTSOA - mort le 15 février 1919 ; RABEMOLALY - le 29 janvier 1919, RAKOTO – le 22 mars 1918 ; Jean-Baptiste RALAINGILO – le 7 août 1919 ; Marcel RAMAMOVY – le 28 avril 1919 ; RAMAROMANANA – le 24 février 1919… On pourrait prendre ainsi les carrés militaires ou les monuments aux morts un par un... Ultime humiliation apportée par les Français à ces malheureuses victimes lorsqu’on sait combien il est important pour les fils de la grande île d’être enterrés dans leur terre, à côté des leurs.
Quant aux survivants, ils attendirent des mois pour rentrer au pays, leur rapatriement n’étant visiblement plus la priorité… Pas plus que ne le seront leurs pensions…
Un point positif à ce carnage aussi international qu’inhumain ? C’est sans doute par le contact entre sacrifiés blancs et sacrifiés noirs que commença à s'effriter le mythe entretenu du « sauvage civilisé par l’arrivée des Français »

Sur cette carte postale de 1917, le rédacteur de la légende s’étonne : « ...nous voyons (les tirailleurs) fraterniser avec les petits Trembladais qui font bon ménage avec eux, les Malgaches n’étant pas dénués d’affection ». Sic. comme dirait l'autre...